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Les partisans du peut-être

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Amir Khadir a dit cette semaine que l’indépendance du Québec n’était pas une absolue nécessité. On peut changer le monde avant d’en arriver là, a-t-il fait comprendre à Montréal, mardi.

Le chef de Québec solidaire (QS) a repris la formule rendue célèbre par l’ancien chef de l’Union nationale, Daniel Johnson, en 1965. « Dans notre perspective, c’est l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement... », a-t-il dit sur les ondes de Radio Centre-ville.

Gilles Duceppe, Pierre Duchesne ou Jean-Martin Aussant ne diraient jamais une chose pareille. Les propos de M. Khadir risquent fort de polluer un peu plus les relations entre solidaires et péquistes, déjà amochées par la débâcle bloquiste du 2 mai.

Un gouvernement solidaire ne placerait pas l’indépendance au tout premier rang de ses priorités. M. Khadir a expliqué mardi que le programme de QS se déployait ainsi : rentabiliser les richesses naturelles, développer les transports en commun, instaurer l’éducation gratuite et mettre sur pied un régime de retraite universel. L’indépendance ne serait envisagée qu’après la définition d’un Québec solidaire.

M. Khadir estime que la souveraineté peut être un « outil » pour transformer la société québécoise, mais pas un outil indispensable.

CAGE À HOMARD

Au cours de son monologue radiophonique, le chef de Québec solidaire montre qu’il est nettement moins affirmatif que les péquistes en ce domaine.

Bien avant un référendum, QS propose la création d’une assemblée constituante, laquelle compterait des représentants anglophones et allophones, pour d’abord doter le Québec d’une constitution. Établir d’abord ce que doit être le Québec sur les plans économique, social, environnemental, etc, tel que le prévoit le programme de QS. Mais les solidaires maintiennent ensuite une distance face à l’obligation de tenir un référendum.

M. Khadir a expliqué son projet ainsi aux animateurs de Rythme Soleil : « Une fois qu’on a défini notre projet de société, est-ce qu’on a besoin de l’indépendance comme outil ou pas? Alors, vous voyez que, dans notre perspective, c’est l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement... »

Il ajoute que le « peuple » déciderait seul de la suite des choses afin d’éviter que le gouvernement « essaie de le prendre au piège ». Bref, QS rejette le scénario de la cage à homard, évoqué jadis par Jacques Parizeau. M. Khadir n’a pas fini d’en entendre parler.

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