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« La belle vie »selon Legault

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Si François Legault voulait que les jeunes Québécois s’intéressent à la campagne électorale, il a réussi, même si ce qu’il a dit démontre à quel point il semble parfois déconnecté de la réalité.

Plus tôt cette semaine, le chef de la Coallition Avenir Québec (CAQ) a déclaré que les jeunes Québécois pensent davantage à « faire la belle vie » qu’à travailler. Il en a rajouté en soulignant que le Québec doit améliorer sa productivité et que « les jeunes devraient prendre exemple sur plusieurs immigrants » venus, entre autres, des pays asiatiques.

À la suite de ces déclarations, un collègue de l’Agence QMI, Charles Lecavalier, a publié un article qui démontre que M. Legault est « complètement dans le champ », selon un ami de ma fille, qui étudie à l’Université Laval à temps plein et travaille 24 heures par semaine pour payer ses études et qui aspire à faire, un jour, « la belle vie ».

Chiffres éloquents

Dans son article, Lecavalier cite des chiffres de Statistique Canada qui montrent que le taux d’emploi des 15-24 ans est de 57,7 % au Québec contre 52 % en Ontario. Plus encore, à l’automne 2009, la Fédération étudiante universitaire du Québec dévoilait que les étudiants à plein temps des universités travaillent en moyenne 19 heures par semaine et que 42 % d’entre eux travaillent plus de 20 heures. Pas trop paresseux les jeunes.

Quant aux « exemples des immigrants », une chercheuse de l’Université de Montréal, Mme Marie McAndrew, les qualifie de « caricatures ». Les enfants d’immigrants de troisième génération ne réussissent ni mieux ni moins bien que les autres. L’hypothèse de Mme McAndrew est que les enfants d’immigrants (2e génération) ont souffert de la culture de la performance imposée par leurs parents (1re génération) et hésitent à être eux aussi durs avec leurs enfants (3e génération)... Ces derniers recherchent également « la belle vie », comme tout le monde à vrai dire.

Lâchez-les donc!

En résumé, ça m’horripile d’entendre des discours à la François Legault ou à la Lucien Bouchard (en 2006), qui laissent entendre que les Québécois, surtout les jeunes, sont plus paresseux qu’ailleurs ou encore que les générations précédentes.

Mon fils de 20 ans, qui étudie à temps plein en plus de travailler une douzaine d’heures par semaine, a eu ce commentaire en vous entendant, M. Legault : « À écouter les gens plus âgés, tout était toujours mieux dans le bon vieux temps. Si on devenait à ce point des larves, de chaque génération à la suivante, ça ferait longtemps qu’on n’existerait plus. »

Lui aussi, tout comme moi et bien d’autres, nous sommes à la recherche de « la belle vie », et je ne crois pas que nous soyons si paresseux.

Plutôt décevant

Et puisqu’on parle des jeunes, j’aimerais souligner que je trouve le début de campagne plutôt décevant pour eux. On s’inquiète de leur faible participation, mais ce n’est pas avec les discours actuels que ça va changer.

D’autres exemples? Le poids du docteur Barrette de la CAQ mis en question par Pauline Marois, du PQ; le candidat indépendant de Vanier−Les Rivières, le « col rouge » Claude Roy, qui aimerait plus d’immigrants chinois et moins d’Arabes; Jean Charest qui mange une frite-sauce chez Ti-Oui à Saint-Raymond de Portneuf et qui « oublie » d’en prévenir la presse électronique; la candidate péquiste Djemila Benhabib qui voudrait que le crucifix soit enlevé de l’Assemblée nationale; le maire de Chicoutimi, Jean Tremblay, qui la traite de tous les noms... Ça défraie peut-être la manchette, mais ça ne vole pas très haut jusqu’à maintenant. Espérons que ça changera.

 

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