/entertainment/music
Navigation

Radio X ou Radio Brousse ?

Coup d'oeil sur cet article

On n’a jamais une deuxième chance de faire une première impression. Or, pour la première journée en ondes de CHOI, les animateurs et chroniqueurs étaient étonnamment mal préparés, sans aucun plan de match, incapables de donner une direction claire à leur émission. Ça sentait l’improvisation à plein nez. Pour des gens qui affirment réinventer la radio et qui nous annoncent prétentieusement être « un joueur majeur » à Montréal, ça commençait très mal.

L’équipe du retour, en particulier, s’est empêtrée pendant une bonne demi-heure dans du babillage superficiel sans aucun intérêt.

Ce n’est pas tout. La première journée en ondes de CHOI a été marquée par un problème technique majeur : un son horrible. À la radio, gros malaise.

De nombreux auditeurs se sont plaints de leur difficulté à syntoniser la nouvelle station parlée de Montréal. Pour mal faire, on ne pouvait même pas l’écouter en direct sur le Web.

« On n’a pas l’antenne la plus forte », a expliqué l’animateur Carl Monette, qui a ouvert l’antenne à 5 h 30, avant d’avouer « c’est Radio Brousse ». Bravo pour la franchise, mais ce n’est pas le slogan le plus vendeur. « On n’a pas fait de test technique, ni de pratique avant ce matin. » Hmm, peut-être qu’ils auraient dû...

N’AJUSTEZ PAS VOTRE APPAREIL

Les animateurs de CHOI n’auraient pas pu rêver d’une meilleure journée pour entrer en ondes, au lendemain du débat des chefs. Mais fallait-il que chaque émission y consacre la quasi-totalité de son temps d’antenne ? Au secours ! À midi, après sept heures d’analyse du débat, je frôlais l’indigestion. Rendu à 17 h, j’étais carrément exaspérée !

L’équipe du retour a avoué ne rien connaître aux hashtags (mots-clics) et être intimidéeé par « l’intelligentsia des intellectuels sur Twitter ». Peut-être pas la meilleure chose à dire à l’ère des médias sociaux.

Au-delà des cafouillages de débutants, pour ceux qui ont réussi à capter ce qui se disait à CHOI, qu’ont-ils entendu ? On pensait avoir un tigre, on a eu un minou dégriffé. Pas de dérapage, pas de scandale.

En fait, les propos les plus controversés que j’y ai entendus émanaient d’Éric Duhaime qui a défendu... Jeff Fillion. « Il a payé plus cher que n’importe qui, mais ce n’est pas celui qui a dit le plus de conneries. » Pourquoi défendre l’indéfendable ? Et pourquoi vanter Fillion alors que CHOI cherche à tout prix à se dissocier de sa mauvaise image associée à son ancien animateur ?

PAS DE LANGUE DE BOIS

Au moins, CHOI Montréal a clairement établi sa marque de commerce : certains animateurs n’ont pas peur de donner leur opinion. Jean-Nicolas Gagné a demandé à Marc Bellemare : « est-ce que votre jugement a été altéré par votre haine pour le ministre Jean Charest ? ». Assez direct, merci.

Et Dominic Maurais a présenté une compilation des recettes des films québécois sortis en 2012. L’Empire Bossé a coûté 5,5 millions, mais n’a fait que 158 000 $ au box-office ! « Je ne dis pas que c’est épouvantable, ni un scandale. Je me questionne. »

Poser des questions qui ne sont pas posées ailleurs, c’est à ça qu’on s’attend de la part de CHOI. Et là-dessus, au moins, Radio X a livré la marchandise.

Commentaires