/opinion
Navigation

Pourquoi je vote CAQ

Coup d'oeil sur cet article

Pour la première fois de ma vie, il m’aura fallu attendre la dernière semaine de campagne pour me décider.

Comme tous ceux qui souhaitent réduire la taille de l’État, je me sens bien seul dans une élection sans Action démocratique du Québec.

Si Michel Rivard chantait jadis La complainte du phoque en Alaska qui pleure le départ de sa blonde partie dans un cirque aux États-Unis, moi, je chante la complainte de l’orphelin politique qui pleure le départ de Mario Dumont pour le cirque médiatique montréalais.

Opposé à la fusion entre l’ADQ et le nouveau parti de François Legault, j’ai suivi la campagne électorale en cours comme un gars sur la brosse qui noie sa peine.

Le nationalisme économique primaire de Legault m’horripile. Jouer au casino dans les sociétés minières avec l’argent de nos fonds de pension reste digne des pires excès péquistes. Utiliser la Caisse de dépôt pour maintenir artificiellement des sièges sociaux au Québec, sans considération pour les rendements, s’apparente à du dirigisme.

Mince espoir

Je vais néanmoins me boucher le nez le 4 septembre pour mettre mon X à côté du nom du candidat de la Coalition avenir Québec de ma circonscription parce que je suis un éternel optimiste, sans doute encore trop naïf devant un politicien qui me fait les yeux doux.

Au cours des derniers jours, Legault a martelé quelques bons thèmes qui me font vibrer. Lors de son face-à-face avec Pauline Marois mercredi soir, il donnait l’impression d’un gars qui souhaite un véritable changement. Il accusait judicieusement la chef péquiste d’être la « reine du statu quo ». Il martelait avec justesse que le PQ a « les mains attachées par les syndicats ». Vendredi, il réitérait son appui au maire de Québec, Régis Labeaume, pour le droit de lock-out des villes.

Il affirmait même que la CAQ irait « jusqu’au bout » pour forcer les syndicats à rouvrir les régimes de retraite publics trop généreux. Il est aussi le seul à se préoccuper publiquement de l’iniquité intergénérationnelle.

On verra

Je sais bien que je pourrais très prochainement regretter amèrement la confiance ainsi mise en Legault. Après tout, l’homme se définit comme un gauchiste « efficace ».

Mais quelles sont les autres options qui s’offrent à la droite québécoise? Pour plusieurs d’entre nous, les libéraux de Jean Charest sont trop usés et possiblement corrompus. Le PQ sous le leadership de Marois ressemble de plus en plus à Québec solidaire. Dans ma circonscription, il n’y a pas de candidat conservateur, autonomiste ou indépendant pour me faire voter dans la marge droite.

On a toujours le choix de s’abstenir. J’ai cependant, dans un passé récent, aidé les Irakiens à se doter d’un régime démocratique. J’ai vu, à Bagdad, des hommes et des femmes mettre leur vie en jeu pour voter.

Je les vois encore sortir du bureau de scrutin avec les yeux dans l’eau, me dire que c’était le plus beau jour de leur vie. J’aurais trop l’impression de les trahir et de tenir pour acquis un privilège durement acquis si je snobais les urnes.

Sans enthousiasme, je voterai donc CAQ.

Commentaires