/travel/destinations
Navigation
Voyage

La Croatie vue de la mer

Coup d'oeil sur cet article

Ses côtes découpées sur les falaises auxquelles sont agrippés de charmants villages, ses fortifications qui cachent des trésors des époques romaines, byzantines, hongroises, autrichiennes ou vénitiennes et son millier d’îles cachant des vignobles, oliveraies et champs de lavande font de la Croatie un pays à découvrir.

Le splendide littoral de la Croatie se mire dans les eaux transparentes de l’Adriatique sur plus de 2000 km.

Comme ces voyageurs de l’Antiquité, c’est par la mer qu’il faut découvrir ce jeune pays qui ne garde pratiquement plus de trace du conflit serbo-croate qui a fait éclater l’ancienne Yougoslavie.

Faire une croisière permet d’admirer ce splendide littoral et de frôler quelques-unes des 1 246 îles du pays. L’« Austral », un navire dont les dimensions réduites permettent des escales dans des ports totalement inaccessibles aux immenses paquebots, n’en est pas à sa première virée dans ces eaux. L’inoubliable traversée qu’il propose se constitue des meilleurs points de vue, d’escales triées sur le volet et d’excursions variées à la découverte des richesses naturelles et des trésors laissés par les civilisations passées, le tout commenté par des guides dispensant leur savoir dans un français impeccable.

L’embarquement se fait à Venise. Avec, en fond de scène, le palais des Doges, ces mêmes Doges qui, pendant huit siècles, ont tenté de contrôler, de coloniser et d’exploiter les côtes croates sur lesquelles ils ont laissé leurs empreintes.

Savourer

« En Croatie, c’est doucement le matin, pas trop vite l’après-midi et lentement le soir ! », selon Ivanha, qui en pointe deux ouvriers occupés à... ne rien faire ! Cette guide croate, qui conduit le groupe à travers les grottes, les falaises, les gouffres, les cascades et l’extraordinaire chute de 45,7 mètres du parc national Krka (prononcer « krrrrrrrrrrrka ») ajoute : « C’est le climat qui veut cela ! »

Il est vrai qu’avec une température frôlant les 40 °C, le farniente semble bien tentant. Et, comme les Croates aiment les plaisirs de la vie, ils ne rechignent jamais à s’attabler dans les cafés ou les bars pour observer les touristes s’essouffler à fouler les pavés de marbre des rues, photographier les cathédrales, les palaces, les monastères, les cloîtres et autres trésors historiques ayant traversé les époques.

Destination émergente, la Croatie attire de plus en plus de visiteurs. Fait amusant, c’est d’ailleurs en cédant à l’attrait d’un glacier dont les multiples parfums se font bien attirants que l’on croisera trois Montréalais et, qu’après avoir reconnu l’accent, s’ajoutera une jeune Québécoise. Après avoir comparé nos impressions et échangé quelques adresses, nous tombons tous d’accord sur l’attrait de cette mer à la couleur indéfinissable, qui passe parfois du turquoise le plus pur au bleu marine profond. Chatoyante et irrésistible, elle se fait invitante aussi bien pour les excursions vers de petites îles isolées, vers les plages de galets que pour les plongeons au pied des forteresses.

Fouler l’histoire

Qu’importe le port où s’amarre le navire, l’Histoire se révèle dans toute sa splendeur et sa démesure. Après la fascination exercée par Split, une ville qui s’est développée à l’intérieur et autour du Palais du Dioclétien, le plus imposant vestige romain encore debout, c’est un véritable bonheur que de monter l’immense escalier qui mène à la vieille ville de Korcula pour se perdre dans ses rues qui suivent un plan en arête de poisson ce qui permet de trouver facilement la maison où serait né Marco Polo.

L’excitation est à son comble quand apparaît Dubrovnik. Bombardée pendant la guerre serbo-croate, cette ville est d’une beauté à couper le souffle est totalement ensorcelante quand, du navire, on contemple ses deux kilomètres de remparts illuminés par les rayons du soleil couchant. Par bonheur, le capitaine a décalé son arrivée d’une journée pour éviter la cohue. La veille, quatre navires déversaient 16 000 passagers qui s’éparpillaient dans les trésors architecturaux de cette ville médiévale inscrite au Patrimoine culturel de l’UNESCO. Pas étonnant que les autorités songent à limiter le nombre de visiteurs. La décision avisée du capitaine de l’« Austral » permet de jouir d’un calme relatif pour visiter les palais, les monastères, les cloîtres ou flâner devant ses fontaines.

Talonnant Dubrovnik, en terme de renommée, apparaît Hvar blottie au creux de la baie. Cette petite île au climat très doux est également la plus ensoleillée (2724 heures d’ensoleillement par année) et la plus populaire des îles de Croatie. Reconnue pour ses champs de lavande, ses vignobles, ses oliviers et ses vieux hameaux, une tournée en son centre permet de belles vues en plongée sur les petites criques protégées qui font de la Croatie un endroit privilégié pour le tourisme maritime. Sa croisette bordée de yachts luxueux est grouillante de vie, surtout à l’heure de l’apéro quand résonnent les rires des fêtards qui débutent leur soirée dans ses bars que la vieille forteresse, juchée sur la colline, semble protéger des excès.

La dernière journée comprend deux escales : Pula avec son amphithéâtre romain qui a accueilli autrefois des combats de gladiateurs et de fauves et dans lequel on présente aujourd’hui des spectacles, son Arc de triomphe et ses vestiges romains. En après-midi, le navire atteint Rovinj, dernière étape du voyage. Empilées sur un îlot rocheux, les maisons de cet ancien port de pêche forment un ensemble d’une beauté incroyable. Dans les rues pentues de la ville, on trouve des galeries d’art, des boutiques et des marchés.

Au terme du périple, nombreux sont les passagers à décréter que cette croisière est à placer au sommet de la liste de leur plus beau voyage. Difficile de les contredire !v

Commentaires