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« Il est malade »

Richard Henry Bain était suivi par un médecin selon l’un de ses proches

« Il est malade »
Photo d’archives

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Richard Henry Bain, qui est suspecté d’avoir tué un homme et blessé un autre mardi soir durant le discours de Pauline Marois, est un homme malade, peu structuré, inquiétant, théâtral et dont les affaires n’allaient vraisemblablement pas pour le mieux.

C’est là le portrait de l’homme de 61 ans, qui en aura 62 samedi, que le Journal a pu dresser après avoir parlé hier à des proches et des gens qui l’ont côtoyé.

« Je ne peux pas en parler. C’est un homme malade. Il était suivi par un médecin de l’ouest de Montréal », nous a dit l’un de ses amis, Alain Turenne.

Ce dernier est le propriétaire du ranch de la Rivière-Rouge, à Labelle, dont Bain est également l’un des actionnaires. Selon M. Turenne, Richard Bain était grandement aidé par l’un de ses frères qui habite en Ontario. Ce dernier se rend souvent à Labelle et à La Conception, où Richard Bain possède un centre de chasse et de pêche, jumelé à un centre équestre, au bord du lac Wade.

Il semble que Bain travaillait d’arrache-pied depuis quelques années pour attirer les clients dans son centre. « Il est allé voir toutes les entreprises de la région, comme les hôtels, pour avoir des clients. Je ne sais pas comment allaient ses affaires. Il voulait qu'on lui amène des clients, mais en deux ans, nous ne lui avons amené personne », a dit Jean-Benoît Daigneault d’Héli-Tremblant, une compagnie d’hélicoptères de la région.

Ce dernier a rencontré Bain à une dizaine de reprises en deux ans. Jamais, il n'a remarqué de problème de comportement de la part du présumé tireur.

Personnage « spécial »

« Nous n'avons jamais parlé de politique. Je n'ai jamais eu la perception qu'il pouvait en avoir contre Pauline Marois ou les Québécois », a dit M. Daigneault, qui n'a jamais eu l'impression que le suspect était attiré par les armes même s’il en était, semble-t-il, un grand amateur.

Si certains décrivent Bain comme « spécial » ou « bizarre », la consternation était néanmoins générale hier chez les résidents de Labelle et La Conception. « Il nous a surpris toute la gang », laisse tomber Claude David. Le garagiste connaît la famille Bain depuis plus de 30 ans. Son chalet est situé non loin de la résidence du présumé tireur qu’il fréquente plusieurs fois par semaine.

M. David a d’ailleurs reçu sa visite le matin même des événements. « Il est venu me demander de réparer son camion. Il voulait aussi savoir où il pouvait voter. Il a dit qu’il s’en allait à Montréal au chevet de sa belle-sœur malade », rapporte M. David.

Le lendemain à son réveil, il a immédiatement reconnu le présumé tireur à l’écran. « J’ai appelé le 911 pour leur dire que je savais qui avait fait ça. »

Bain n’avait jamais semblé ni dangereux ni troublé, jure-t-il. Mais « c’est un gars qui a ses idées, convient-il. On ne partait pas de discussions (politiques) avec lui. Qu’est-ce que ça donne de s’obstiner avec du monde de même ? » s’interroge-t-il.

Passionné de chasse et pêche et très porté sur la religion, Bain a travaillé toute sa vie à l’usine Noranda Copper de Montréal, d’après M. David.

L’heure de la retraite a sonné il y a quelques années, continue-t-il. Bain a rompu avec sa conjointe. Il a vendu sa demeure de Repentigny. Il a emménagé dans son chalet pour lequel il avait des projets.

Incompréhension

Ce sont ses projets qui l’ont amené à soumettre à répétition des demandes « très peu structurées » à la municipalité de La Conception, indique la directrice générale Marie-France Brisson.

Ses demandes recevaient rarement des réponses positives. Il aurait essuyé un énième refus le jour de la fusillade de la part du gouvernement du Québec, cette fois, indique Mme Brisson.

Il était bien connu de l’administration de Labelle aussi. Le maire Gilbert Brassard se souvient être intervenu pour calmer le jeu après que Bain eut effrayé une secrétaire par son insistance.

Richard Bain n’a pas d’antécédent judiciaire. Il a déjà été arrêté une fois pour conduite avec les facultés affaiblies et a payé quelques amendes pour des infractions au Code de la sécurité routière.

– Avec la collaboration de Sarah Bélisle

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