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Une croix sur la LNH ?

Marc de Foy
Photo d'archives Les deux parties, représentées par Donald Fehr et Gary Bettman, seraient prêtes à sacrifier la saison pour arriver à leurs fins, selon certaines sources.

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Les espoirs s’amenuisent à une semaine de la fin de la convention collective entre les propriétaires et les joueurs de la Ligue nationale de hockey. Les indications tendent vers un autre arrêt des activités. Si ce n’était que ça.

Jusqu’à tout récemment, les gens proches de la scène de la LNH estimaient que, cette fois-ci, un conflit ne causerait pas l’annulation de la saison.

Serge Savard s’inscrivait dans cette ligne de pensée, quand on lui a parlé cette semaine.

Or, voilà qu’on commence à entendre d’autres sons de cloche.

Les deux parties seraient prêtes à sacrifier la saison pour arriver à leurs fins, selon des confidences obtenues par Darren Dreger du réseau TSN.

S’agit-il d’affirmations en l’air ou de menaces réelles de la part des deux camps ?

Le temps le dira.

Les amateurs et les médias sont tenus pour acquis

Pure folie

La vérité, c’est que toute cette histoire ne tient pas debout.

Je sais : ce n’est pas la première fois que je le dis.

Les lecteurs de cette page savent que je me suis engagé à ne pas écrire sur un conflit, s’il y en a un. Et je compte bien tenir parole.

Pourquoi ?

Parce que les propriétaires n’ont jamais généré autant de revenus et que les joueurs n’ont jamais gagné autant d’argent.

En somme, tout le monde devrait y trouver son compte, mais non !

Quand des employeurs et leurs employés sont incapables de se séparer une tarte de 3,3 milliards, c’est qu’ils sont tous les deux cupides.

L’un ne va pas sans l’autre

Ça me fait bien rire, par ailleurs, d’entendre que sans les joueurs, la LNH n’est rien, que ce sont les joueurs qui font le spectacle.

Les propriétaires prennent le risque financier, sauf qu’ils ne savent pas contrôler leur instinct dépensier.

Des contrats de fous, en voulez-vous, en v’là !

Et vous, dans tout ça ?

Vous devez vous sentir isolés de ce monde irréel. Certains se sentent comme ça et ils ont bien raison.

Lors du dernier lock-out, vous étiez nombreux à dire que l’on ne vous y reprendrait plus, que la LNH, c’était fini pour vous, que vous en aviez marre de ces batailles entre millionnaires sur patins et milliardaires fumant de gros cigares.

Certains sont demeurés campés sur leur position. Mais à voir les foules qui remplissaient le Centre Bell et les amphithéâtres des six autres équipes canadiennes de la LNH, la plupart sont revenus.

Et ce, malgré une déclaration de Gary Bettman durant le conflit, selon laquelle il pourrait vous en coûter moins cher au guichet.

Bien oui, les prix des billets ont augmenté de 39 pour cent.

Rien que ça !

Au diable les fans

Ceci dit, de plus en plus d’amateurs n’ont plus les moyens de s’offrir une soirée de hockey au Centre Bell.

Il y a toujours la télévision, mais les amateurs viennent maintenant loin dans les priorités des équipes.

Pour faire des profits dans le sport professionnel aujourd’hui, il faut des contrats de télévision payants, des commanditaires nationaux et un bon appui du milieu des affaires pour la location des suites de luxe.

Sans ces trois ingrédients, une équipe ne peut vivre.

On s’en remet ensuite à vous pour liquider vos économies le soir d’un match.

Dans un tel contexte, les organisations sportives professionnelles ne vous méritent pas.

Vous devriez mettre une croix sur la LNH, mais vous ne semblez pas disposés à le faire.

Les médias ont leur part de responsabilités. Mais comme ils le pensent pour vous, la LNH nous tient pour acquis.

Dans un monde idéal, on ne parlerait pas du conflit, le temps que ça dure. Il y a plein d’athlètes qui n’attendent que l’on s’intéresse un peu à eux.

Les joueurs des Alouettes et de l’Impact ont de belles histoires à raconter. Le hockey junior est de retour à Sherbrooke.

Le sport amateur et le sport étudiant sont aussi de belles fenêtres à explorer.

Qu’attendons-nous ?

Que Gary Bettman et Donald Fehr en viennent à une entente.

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