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Deux vrais chefs d’État

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Coup sur coup, cette semaine, nous avons eu droit à des « performances » assez impressionnantes de la part de deux politiciens du Québec, qui se sont comportés en véritables chefs d’État.

Mettons d’abord les choses au point. Je ne suis pas un grand fan de Pauline Marois ni de Jean Charest. De fait, depuis René Lévesque, aucun premier ministre n’a su faire vibrer ma fibre politique. Et ce n’est certainement pas François Legault qui y parviendra, car je trouve qu’il n’a vraiment pas le charisme pour soulever des passions.

Mais mardi soir et mercredi, j’ai vu deux politiciens qui ont été à la hauteur de leurs fonctions. Deux politiciens solides qui ont mérité tout mon respect.

Calme et responsable

D’abord mardi, juste avant minuit, Pauline Marois a montré qu’elle avait des nerfs d’acier.

Lorsque ses deux gardes du corps ont mis fin abruptement à son discours de victoire, en l’entraînant dans les coulisses pour assurer sa protection, elle aurait pu quitter les lieux et laisser la suite à d’autres. Mais non.

La première femme première ministre du Québec a tenu à s’adresser à ses partisans pour les rassurer et éviter tout geste de panique qui aurait pu survenir. Puis, elle a terminé son discours, invité son équipe à la rejoindre sur scène et, finalement, demandé aux gens de quitter dans le calme.

Le lendemain, après avoir appris que les événements avaient fait un mort et un blessé, elle est apparue plus ébranlée, plus fatiguée, mais toujours aussi forte.

Comme tous les Québécois, elle pensait sans doute à l’hécatombe qui aurait pu survenir si l’arme du tireur ne s’était pas enrayée ou encore, si son bidon d’essence avait éclaté à l’intérieur du Métropolis plutôt que contre la porte. Ajoutez à cela une campagne électorale épuisante, l’inquiétude d’une mère pour sa famille qui l’entourait, le soir du drame, et les responsabilités qui l’attendent. Normal que la première ministre ait eu les traits tirés lorsqu’elle a donné sa conférence de presse, mercredi.

Je vous lève mon chapeau, madame Marois.

Digne et émouvant

En ce lendemain d’élections, Jean Charest aussi avait l’air fatigué. Après 28 ans de victoires politiques, comme simple député ou comme premier ministre, une première défaite a de quoi briser le cœur.

J’ai écouté attentivement son discours de démission, mercredi, et je l’ai réécouté plusieurs fois. Personne ne peut mettre en doute sa sincérité lorsqu’il parle de sa fierté d’être Québécois et de sa reconnaissance envers tous ceux et celles qui lui ont fait confiance au fil des années.

M. Charest s’est montré digne de sa charge en félicitant ses adversaires et en souhaitant ce qu’il y a de mieux pour les Québécois dans l’avenir. Pour une rare fois, les gens ont vu un Jean Charest ému aux larmes.

On ne peut qu’avoir du respect pour un politicien de cette envergure. Moi, en plus, j’ai éprouvé de la sympathie pour cet homme qui a passé sa vie au service de la population. Et je suis convaincu qu’on entendra encore parler de Jean Charest, qui a tout juste 54 ans. Lui aussi, tout comme Pauline Marois la veille, s’est comporté en véritable chef d’État.

Je vous lève à vous aussi mon chapeau, M. Charest.

Exemples à suivre

En moins de 24 heures, les Québécois ont vu ce qu’il y avait de mieux en politique. Deux personnes calmes, responsables, dignes et émouvantes.

Si j’ai un seul souhait à exprimer pour l’avenir, en politique du moins, c’est que les politiciens qui nous représentent maintenant à l’Assemblée nationale se comportent désormais de la même façon.

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