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Légionellose

Des algues dans les tours d’eau

Le tiers des tours de refroidissement du Québec serait dans des conditions déplorables

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Les dirigeants d’une entreprise spécialisée dans le traitement de l’eau estiment qu’une tour de refroidissement sur trois à travers la province serait dans un état critique et poserait un risque pour la santé publique.

Il n’est pas rare que les experts de Technologies propres TGWT doivent revêtir une combinaison étanche et un masque à gaz (voir vidéo) pour traiter des installations où pullulent des algues et des bactéries de toute sorte, rapporte Louis-Philippe Cloutier, le chef de l'exploitation de cette entreprise spécialisée dans le traitement de l’eau.

Inquiets de l’éclosion de légionellose à Québec, M.Cloutier et son collègue Gary Schwartz, le Chef de la direction de TGWT, estiment qu’il y a urgence d’agir pour que le drame qui frappe Québec ne se répète pas ailleurs. Selon eux, la province accuse beaucoup de retard en matière de lutte contre la légionelle. « Il faut agir rapidement. Si j’étais assis sur le toit d’un immeuble et que je tuais des gens à vue, on m’aurait identifié et arrêté rapidement », insiste M. Cloutier.

Règlementation à venir

Suite à une demande des ministres Yves Bolduc et Lise Thériault le 24 août, la Régie du Bâtiment du Québec (RBQ) travaille à l’élaboration d’un règlement visant à instaurer un registre des tours de refroidissement et à soumettre les propriétaires d'édifices à des obligations et des vérifications. Toutefois, le processus – élaboration du règlement, son adoption, puis sa mise en application – pourrait prendre plusieurs mois, d’autant plus qu’un nouveau gouvernement doit être mis en place.

« Même si la première ministre nommait un ministre responsable demain, ce dossier ne serait pas nécessairement sa première priorité. Nous, on élabore un règlement, mais après on n’a pas de contrôle sur les délais d’application », explique le porte-parole de la RBQ, Sylvain Lamothe.

Décontamination incomplète

En attendant, M. Cloutier s’inquiète des méthodes de décontamination utilisées sur le terrain. Il explique que la désinfection au chlore, telle que souvent pratiquée, est insuffisante, car elle n’attaque pas le biofilm qui se forme sur les parois internes des contenants d’eau.

Or, cette pellicule visqueuse ou calcaire sert précisément de protection aux bactéries. « En dessous du biofilm, c’est un véritable paradis à bactéries », indique-t-il.

 

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