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P.K. : c’est quoi le problème ?

P.K. : c’est quoi le problème ?
Photo d’archives Même si le style flamboyant et plutôt agaçant de P.K. Subban semble déplaire à plusieurs, il faudrait tout de même y penser à deux fois avant de l’échanger prématurément.

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Et si on parlait de négociations de contrat pour faire changement ? Pas de celles opposant les propriétaires et les joueurs de la LNH, mais de celles entre le Canadien et P.K. Subban.

J’ai demandé hier à l’agent du jeune défenseur, Don Meehan, s’il y avait des progrès dans ses pourparlers avec Marc Bergevin et s’il y avait un espoir de règlement dans l’air.

L’ancien receveur de passes éloigné des Redmen de McGill m’a répondu qu’il n’y avait rien de neuf à rapporter.

Je me fie à sa parole. Meehan n’est pas du genre à envoyer les gens sur une fausse voie.

Mais comment expliquer que le dossier en soit encore là ?

Subban demande-t-il la lune, comme on l’entend à gauche et à droite ?

Dernièrement, Meehan a nié que son client demandait une entente d’une valeur de 30 millions de dollars échelonnée sur cinq ans.

D’autre part, on entend que Subban aurait dit à ses coéquipiers, à la fin de la dernière saison, qu’il estimait valoir presque autant que Drew Doughty, qui a obtenu une prolongation de contrat de huit ans pour une somme globale de 56 millions de dollars, donc 7 millions par année.

Réglons une chose tout de suite : Subban n’est pas Doughty, bien qu’il ne soit pas dit qu’il ne pourrait pas devenir son égal un jour.

Le grand Nicklas Lidstrom a bien été repêché aussi loin qu’au 53e rang lorsqu’il a été sélectionné par les Red Wings de Detroit.

Tout ça pour dire que le repêchage n’est qu’une étape dans la carrière d’un joueur et que c’est lui qui fait son avenir.

Moins incertain que Price

Repêché 43e il y a cinq ans, Subban n’a pas déçu depuis qu’il est la propriété du Cana­dien. Il a bien éprouvé des ennuis de temps à autre, mais il a causé beaucoup moins d’inquiétude aux dirigeants de l’équipe que son grand copain Carey Price.

Il n’est jamais descendu dans l’estime des amateurs, contrairement à Price, que les gens ont commencé à prendre en grippe à la fin de sa deuxième saison à Montréal et qui a été totalement éclipsé par Jaroslav Halak durant sa troisième campagne.

Pourtant, cela n’a pas empêché le Canadien d’échanger Halak et de faire de Price l’un de ses plus hauts salariés pour les six prochaines saisons.

Price ne mérite pas le contrat qui lui a été offert au cours de l’été, mais grand bien lui fasse.

Par contre, si j’avais un conseil à lui donner, il aurait intérêt à jouer comme le gardien de concession qu’on voit en lui.

Les amateurs et les médias ne lui en laisseront plus passer une.

De son côté, Subban montre des signes de progression depuis son arrivée à Montréal.

La saison dernière, il a conservé un différentiel de +9, tout en étant le joueur le plus utilisé des siens (24 min 18 s) avec une équipe mal foutue.

Agaçant

Venons-en à sa personnalité.

Il est vrai qu’il ne correspond pas au profil du joueur de hockey moyen.

P.K. fait plus dans le style que Deion Sanders, ce qui passe moins bien dans le monde conservateur qu’est le hockey.

Pas aux yeux des amateurs qui l’adorent et à qui P.K. rend bien leur affection, mais à ceux de ses coéquipiers.

Mardi soir, Mathieu Dandenault, nouveau collaborateur à l’émission Le Match, y est allé d’un parallèle avec le détestable Sean Avery, avec qui il a joué à Detroit.

« Au début, ça peut toujours aller, mais avec le temps, ça agresse les joueurs », a-t-il raconté.

Pour que des joueurs calmes comme Tomas Plekanec et David Desharnais perdent patience avec P.K. durant des entraînements, c’est que le jeune défenseur finit par tomber sur les nerfs.

L’entraîneur qu’il lui faut

Mais de dire qu’il ne cadrerait pas dans la philosophie de Michel Therrien et que le nouvel entraîneur du Canadien ne tiendrait pas à lui plus qu’il le faut, faisons attention.

Pour reprendre une expression chère à Serge Savard, Subban est un blue chips ou, si vous préférez, une action de grande qualité pour une organisation.

S’il est un entraîneur qui peut mettre P.K. à sa main, c’est bien Therrien, et ce, pas nécessairement en lui tapant dessus.

Faudrait bien y réfléchir avant de l’échanger.

Combien d’anciens joueurs du Canadien sont allés réussir ailleurs dans les 17 ou 18 dernières années ?

Même s’il a vécu loin de Montréal au cours de toutes ces années, Bergevin le sait sûrement.

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