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Hockey | négociations

Rude Hiver en vue

Les soirées de hockey à Montréal génèrent d’importants profits pour les commerces du centre-ville; certains en dépendent

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Les tenanciers des bars et restaurants du centre-ville sont inquiets du sort de leurs commerces si un lock-out dans la Ligue nationale de hockey devient réalité.

« Avec les manifestations, la hausse des taxes d’affaires et de vente, et maintenant un lock-out probable, l’année 2012 risque d’être l’une des pires années depuis longtemps pour les commerçants du centre-ville », annonce, visiblement frustré, le président de l’association des marchands de la rue Crescent, Steve Siozos.

Même son de cloche du côté du restaurant Douze Vingt-et-un, situé devant le centre Bell, sur la rue René-Lévesque.

« On peut perdre jusqu’à 40 % de notre chiffre d’affaires par semaine s’il n’y a pas de matchs du Canadien », dit Gino Mourin, gérant du restaurant Douze Vingt-et-un, occupant depuis peu les lieux de l’ancien restaurant Queue de cheval, coin Drummond et René-Lévesque.

Dépendant du hockey

Du plus grand au plus petit commerce, et dans tous les genres d’établissements, c’est la peur et la frustration qui s’installent.

Sam Coriat est propriétaire de deux petits commerces bien nichés dans le centre Bell, devant la gare Lucien-l’Allier. « Les soirs où le Canadien joue, on fait de très bonnes affaires. Je m’attends à perdre jusqu’à 10 % de mon chiffre d’affaires avec la baisse d’achalandage », mentionne M. Coriat.

Si M. Coriat peut dépendre des va-et -vient des usagers des trains de banlieue pour faire vivre son dépanneur et son café, d’autres dépendent littéralement du hockey.

C’est le cas de certains chauffeurs de taxi qui se garent aux abords du centre Bell les soirs de hockey. Yves Mardy a l’habitude de prendre des passagers à la sortie du centre Bell, et même après lorsque de nombreux partisans fréquentent les bars du coin.

« C’est sûr et certain qu’on va ressentir l’impact d’un lock-out. On va perdre beaucoup de trafic et on risque d’être beaucoup plus tranquille, surtout les mardis soirs où il n’y a que le hockey qui fait vibrer le centre-ville de soir », dit M. Mardy.

Même les sans-abri perdront

Les sans-abri aux abords du centre Bell disent s’attendre à une baisse importante de revenu les soirs de matchs. « Je pouvais faire jusqu’à 30 $ lorsque le Canadien jouait, en ramassant les cannettes dans les poubelles après les matchs » clame, le ton morose, Mario Houle.

Stéphane Bernier, lui aussi sans-abri, tient les portes du métro ouvertes pour mendier et rendre service. « Je pouvais faire 70 $ lorsque le Canadien jouait et gagnait. Les gens sont heureux et donc généreux. Je sais que je vais perdre beaucoup d’argent, et pendant la saison la plus rude pour nous en plus », mentionne M. Bernier.

Partisans affectés

Nicolas Wood est fier partisan des Habitants et avait l’habitude d’accueillir ses amis chez lui pour les matchs du Canadien.

« Un lock-out aura un grave impact financier sur les commerces, certes, mais aussi un impact social. On ne saura pas quoi faire les mardis et les samedis. Je n’ai pas l’intention de regarder d’autres sports, c’est le hockey notre sport national ! C’est vraiment triste... », opine M. Wood.

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