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drÔles d’oiseaux

Le colibri roux

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Nous sommes dans l’Ouest canadien, près de Vancouver, lorsqu’au milieu d’un ciel d’un bleu assez limpide deux minuscules touffes de plumes brunes attirent mon attention. Agrippées l’une à l’autre, elles multiplient les culbutes, les loopings audacieux pour finalement aboutir sur le sol, à deux pas de mes bottes de randonnée.

À peine se sont-ils éloignés que les protagonistes reprennent les poursuites, les plongeons acrobatiques, tandis que je peux finalement observer les rudes coups de griffes qu’ils échangent. Aucun doute, ce sont des adversaires et la violence des attaques me fait penser à ces pugilistes durant ces combats qu’on dit « extrêmes ».

Tout excité par cette frénésie, notre guide s’empresse de décrire le rituel assez particulier des colibris roux lorsqu’ils décident de défendre leurs territoires respectifs. Ce caractère belliqueux découle de l’importance que chacun accorde à son patelin, même

face à des membres de sa propre espèce. Puis, au rythme des variations climatiques, les choses risquent de s’envenimer dangereusement si la densité de ses concurrents s’accroît ou si les ressources en fleurs et en nectar viennent à diminuer.

DES FLEURS PRÉFÉRÉES

Butiner les fleurs pour accumuler le maximum d’énergie s’effectue de jour tandis que, la nuit, chacun abaisse sa température corporelle par mesure d’économie. Ses préférences vont aux fleurs rouges tubulaires qui lui laissent plus d’espace pour battre des ailes. Des battements qui peuvent varier entre 50 et 200 par seconde, lui assurant une souplesse aérienne hors du commun.

Les combats mettaient aux prises des mâles reconnaissables à leur face, leur dos, leurs flancs, leur queue et leur croupion roux, tandis que leurs becs noirs imitaient de véritables aiguil­les.

La femelle a un dos plutôt bronze et une tête un peu plus terne que celle du mâle. Elle construit un nid fait de mousse et de lichen dans lequel elle dépo­se deux œufs. Elle les couve, puis s’occupe seule des oisillons qui quitteront le nid au bout d’environ trois semaines. L’hiver venu, tous se dirigent vers le Mexique, où chacun doit apprendre à maîtriser les techniques de ces combats extrêmes visant à assurer la survie des plus forts.

 

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