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Champions des faillites

Les multirécidivistes sont généralement des travailleurs autonomes

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Autrefois, déclarer une deuxième faillite était exceptionnel. Aujourd’hui, les syndics sont confrontés, quotidiennement, à des clients qui en sont à leur troisième, quatrième et même cinquième faillite.

Autrefois, déclarer une deuxième faillite était exceptionnel. Aujourd’hui, les syndics sont confrontés, quotidiennement, à des clients qui en sont à leur troisième, quatrième et même cinquième faillite.

Incroyable mais vrai : de plus en plus de gens font de multiples faillites. « J’ai un cas, c’est un champion. Il en est à une cinquième faillite », a souligné le syndic de faillite Stéphane Leblond. « Il a fait cette faillite au début des années 2000. C’est une personne, vous ne serez pas surpris, qui fait partie du milieu de la vente,» a illustré le syndic.

Travailleur autonome

Selon les syndics, tout le monde est à risque de faire une faillite. Il n’existe pas de portrait type. Reste que les multirécidivistes sont, la majorité du temps, des travailleurs autonomes. « Tu es dans la vente, tu fais 90 000 $ de revenu par année, mais tu ne fais pas tes rapports d’impôt pendant des années, a décrit M. Leblond. Ça monte vite 25 000 à 30 000 dollars de dettes d’impôt par année. »

De fait, les travailleurs autonomes ne reçoivent pas de talons de paye et l’impôt ne peut être déduit des chèques qu’ils reçoivent. Ils doivent donc être plus vigilants et prévoir un montant afin de payer leurs impôts à la fin de l’année.

De plus, certains d’entre eux achètent des biens avec de l’argent qu’ils n’ont pas. « Il y en a qui abusent du crédit à la consommation, mentionne M. Leblond. Le salaire d’un salarié est saisissable, mais pas celui d’un travailleur autonome. »

Comment est-ce possible?

Comment est-ce possible de pouvoir tout recommencer autant de fois? « En principe, le système est censé réprimander ces gens », convient Stéphane Leblond.

Dans les faits, une note au dossier de crédit est inscrite, lors de la première faillite, pour une durée de 7 ans. C’est 14 ans pour la deuxième. Pourtant, « la première faillite, tu peux bénéficier d’une libération automatique de tes dettes après 9 ou 21 mois », explique M. Leblond.

« C’est l’écoulement du temps et le fait de remplir tes obligations face au syndic qui vont faire que tu seras libéré. »

Par contre, après ces deux premières taches, il est beaucoup plus difficile de se remettre sur pied financièrement.

« Lors d’une troisième faillite, tu n’as plus le droit à la libération automatique. Il faut que tu passes devant le registraire des faillites », résume M. Leblond.

Néanmoins, une grande partie des récidivistes réussissent à renaître de leurs cendres. « Ça m’épate toujours que ces gens-là puissent refaire leur crédit. »

 

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