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Sperme à donner

Sperme à donner

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De plus en plus d’hommes offrent gratuitement leur sperme sur Internet à quiconque veut avoir un enfant. À l’image du film Starbuck, certains ont de nombreux enfants à leur actif. Jusqu’à 35 pour l’un d’eux.

De plus en plus d’hommes offrent gratuitement leur sperme sur Internet à quiconque veut avoir un enfant. À l’image du film Starbuck, certains ont de nombreux enfants à leur actif. Jusqu’à 35 pour l’un d’eux.

Dans les forums de discussion, on les appelle « géniteurs », « donneurs de sperme » ou encore « Monsieur Y ». Souvent dans la trentaine, certains sont en couple et ont déjà des enfants.

Au total, le Journal a rencontré six géniteurs (quatre de Montréal et deux de Québec), qui ont fait des dons pour un total de 61 enfants.

Ils offrent leur sperme aux célibataires ou aux couples lesbiens ou infertiles qui souhaitent avoir un enfant... sans père.

« C’est comme se demander pourquoi les gens donnent du sang ? Moi, ce n’est pas pour sauver des vies, c’est pour en créer. Je ne demande pas de rétribution, je ne demande pas de contacts », explique un géniteur de l’Estrie qui a six bébés à son actif.

Des dons gratuits

Au cours des derniers mois, la représentante du Journal s’est fait passer, sous de fausses identités, pour une femme célibataire de 30 ans qui était à la recherche d’un géniteur.

Les annonces de dons de sperme sont d’ailleurs nombreuses sur les forums auféminin.ca et algi.qc.ca. Contrairement aux banques de sperme officielles, le processus est beaucoup moins complexe pour le donneur et la future mère. Les deux parties se rencontrent tous les mois pour les dons.

La femme s’injecte le sperme dans le vagin, et, lorsqu’elle devient enceinte, le géniteur disparaît du décor. Or, certains d’entre eux acceptent de rencontrer l’enfant devenu adolescent.

Mis à part les résultats de tests médicaux du géniteur et, dans certains cas, un contrat de renoncement parental, les deux parties n’ont pas de paperasse à remplir. Dans tous les cas, les hommes font ces dons gratuitement.

« Laisser une descendance »

« Vous autres, les femmes, vous avez un besoin de materner. Nous autres, les hommes, c’est un besoin de laisser une descendance », a répondu un géniteur de la Rive-Nord de Montréal, lorsque questionné sur ses motivations.

Plus d’une vingtaine de donneurs au total ont répondu aux messages du Journal. Il était clair, dès le départ, que les géniteurs recherchés devaient procéder par insémination artificielle (un don dans une seringue sans aiguille ou un pot stérile).

Le Journal a rejeté ceux qui voulaient procréer de façon naturelle, soit par pénétration.

La journaliste a échangé des courriels durant plusieurs semaines avec des hommes qui étaient sérieux dans leur démarche et qui avaient déjà fait des dons dans le passé.

D’ailleurs, il semble que la compétition est parfois féroce entre eux.

« Certains donneurs vont dénigrer les autres pour être sûrs d’être choisis, indique Philippe, un donneur de Montréal qui a ­aujourd’hui 35 enfants. D’autres ne disent pas la vérité sur le nombre d’enfants qu’ils ont. »

 

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