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Commission Chabonneau

Des entrepreneurs visitent la mafia

Catania, Arcuri, Milioto et Magi filmés par les enquêteurs dans les cafés où se réunissait le clan Rizzuto

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Plusieurs entrepreneurs en construction bien connus ont multiplié les allées et venues dans des cafés où se trouvaient les têtes dirigeantes de la mafia montréalaise, a appris hier la commission Charbonneau.

Frank Catanta, Domenico Arcuri, Tony Magi et Nicola Milioto, pour ne nommer que ceux-là, ont tous été filmés ou enregistrés à leur insu par les enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) lors de l’enquête Colisée, entre 2002 et 2006.

La GRC dit être en mesure de prouver qu’ils se sont rendus à maintes reprises au Club social Consenza, à Montréal, ou au Bar Laennec, à Laval, des lieux où le clan Rizzuto brassait ses affaires.

Ces établissements, qui paraissaient légitimes en surface, servaient de véritables bureaux à six dirigeants de la mafia montréalaise, dont Nick Rizzuto Sr, le père du parrain Vito Rizzuto.

On y distribuait des ordres, et on y effectuait entre autres le partage d’importantes sommes d’argent provenant du trafic de stupéfiants.

236 visites

Certains entrepreneurs nommés hier paraissaient des habitués des lieux. Nicola Milioto, président de Mivela Construction, une firme qui décroche d’importants contrats à la ville de Montréal, s’est présenté au Consenza pas moins de 236 fois, entre avril 2004 et novembre 2006.

Selon le caporal de la GRC Vinicio Sebastiano, qui a témoigné hier devant la Commission, les deux établissements n’étaient que très peu fréquentés par les gens du public.

« Ce n’est pas des gens qui allaient là par hasard », a-t-il mentionné.

« Il faut que j’aie mes entrées pour aller là? », lui a demandé Me Denis Gallant, procureur de la Commission « Oui », a répondu l’enquêteur Sebastiano.

Des vidéos

Bien que leurs activités aient été surveillées par la GRC, les entrepreneurs qui ont fait des visites au Consenza et au Laennec n’ont pas fait l’objet d’accusation suite au projet Colisée, qui visait principalement la mafia.

Daniel Rochefort, l’avocat qui représente l’Association de la construction du Québec (ACQ), a donc suggéré hier qu’ils étaient peut-être là dans un but tout à fait légitime.

« Ils étaient des simples visiteurs. Et s’ils ont parlé de construction, on ne peut pas l’affirmer », a-t-il avancé devant la Commission pour défendre la réputation des entreprises qu’il représente.

La GRC s’est engagée à aider la Commission pour analyser les 35 040 heures de vidéo recueillies, si nécessaire.

Aujourd’hui, la Commission entendra l’enquêteur Éric Vecchio. Les procureurs promettent de montrer une vidéo montrant un entrepreneur en construction se livrant à des activités compromettantes au Consenza.

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