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Le vol du siècle, le vrai !

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Aussitôt nommée ministre des Ressources naturelles la semaine dernière, Mme Martine Ouellet a déclaré son intention d’interdire l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste en raison des risques environnementaux de la fracturation hydraulique.

Aussitôt nommée ministre des Ressources naturelles la semaine dernière, Mme Martine Ouellet a déclaré son intention d’interdire l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste en raison des risques environnementaux de la fracturation hydraulique. Certes, elle feint l’ouverture d’esprit en commandant au BAPE une évaluation environnementale, mais sa volonté de tuer dans l’œuf cette industrie est évidente.

L’exploitation du gaz de schiste présente effectivement des risques. Ce danger exige que l’on procède avec une extrême prudence et seulement après avoir identifié les techniques d’exploitation les plus sécuritaires possible. Mais est-ce un motif pour obliger le Québec à renoncer à l’énorme potentiel énergétique dont il dispose?

Traverser la rue, conduire une auto ou jouer au hockey présente des risques. Avec 10,2 % des noyades qui surviennent dans la baignoire, même prendre un bain est une activité dangereuse.

Nous prenons des précautions pour minimiser la probabilité d’accident inhérente à toute activité humaine, alors pourquoi n’en ferions-nous pas autant en matière d’exploitation gazière ?

Quelques exemples

Cette question est d’autant plus pertinente que les régions ayant connu une véritable renaissance économique grâce aux gaz de schiste sont maintenant légion. En voici quelques exemples :

• Au Texas, le gisement Barnet a permis la création de 100 000 emplois et généré 11,1 milliards de dollars en recettes fiscales en 10 ans. Toujours au Texas, les opérateurs du gisement Eagle Ford ont créé 47 000 emplois et embaucheront 70 000 autres travailleurs d’ici 2021. Pour 2011 uniquement, les travailleurs ont empoché en moyenne 65 957 $ en salaires et en avantages sociaux, et l’État a récolté 615 millions en impôts.

• En Pennsylvanie, le gisement Marcellus a permis de créer 72 000 emplois entre octobre 2009 et mars 2011, et a versé plus d’un milliard de dollars dans les coffres de l’État.

• En Louisiane, pour 2009 uniquement, le gisement Haynesville a procuré du travail à 57 000 personnes et a injecté 7 milliards dans l’économie de la région.

• Au Dakota du Nord, l’industrie du gaz de schiste emploie 37 000 personnes qui touchent un salaire moyen de 71 678 $. Le taux de chômage est à 3 % pour l’ensemble de l’État et à moins de 2 % dans 10 comtés, et l’État prévoit un surplus de 1,6 milliard cette année.

Ne rêvons pas. Rien de cela ne se produira chez nous. Au lieu de chercher un équilibre entre la protection de l’environnement et l’exploitation des ressources naturelles, madame la ministre a choisi d’anéantir l’industrie « maudite ». Nos ressources ne nous serviront donc à RIEN !

Tant pis !

Tant pis pour les emplois et la prospérité ! Tant pis pour l’énergie bon marché et l’indépendance énergétique ! Tant pis pour les recettes fiscales ! Avec sa mentalité antidéveloppement et propauvreté, l’État québécois préfère mendier la péréquation à Ottawa plutôt que de créer de la richesse.

Daniel Breton, le nouveau ministre de l’Environnement, accusait encore récemment Hydro-Québec d’avoir perpétré le vol du siècle en vendant des permis de forage à la société Pétrolia. C’est un point de vue.

Mais alors, comment qualifier le sabotage politique d’une industrie prometteuse ? À mes yeux, priver les Québécois d’un formidable boum économique et de tous les avantages qui l’accompagnent, voilà le véritable vol du siècle !

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