/news/currentevents
Navigation
Dossier exclusif

Un pédophile près de chez vous

La sécurité des enfants passe-t-elle par la divulgation de l’identité et du lieu de résidence des dangereux agresseurs sexuels ?

Coup d'oeil sur cet article

Les voix commencent à se faire de plus en plus nombreuses et insistantes pour serrer la vis aux agresseurs sexuels. Et si on rendait publics leur nom, leur photo et leur lieu de résidence?

Estimant que le Québec traîne de la patte en matière de prévention, plusieurs parents, politiciens, organismes et victimes estiment que cette façon de faire devient incontournable pour améliorer la protection du public, notamment de nos enfants.

Les cours de justice voient défiler quotidiennement des cas d’agressions sexuelles contre des mineurs, dont plusieurs sont des récidivistes.

Les cas récents d’André Pépin et de David Girard, deux récidivistes arrêtés de nouveau après avoir purgé des peines de prison, nous reviennent immédiatement en tête.

Il ne se passe pas un jour sans qu’un pédophile ne fasse les manchettes.

Mais qui sont-ils et où sont-ils?

Carte

Pour la toute première fois, le Journal publiera samedi une carte exclusive de la région de Montréal montrant où sont les accusés ayant eu maille à partir avec la justice pour des crimes à caractère sexuel, au cours de la dernière année.

Mais actuellement, les informations demeurent cachées au public, dans le Registre national des délinquants sexuels, accessible seulement par une poignée de policiers.

La liste noire contient plus de 25 000 noms. De ceux-ci, près de 5 000 proviennent du Québec, 1 500 de l’île de Montréal.

Une situation qualifiée d’« inquiétante » par le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, dont la fille Julie a été agressée et tuée aux mains d’un agresseur sexuel récidiviste.

Le sénateur Boisvenu rêve d’un système qui fournirait des informations aux citoyens et croit que ça passera par des alertes avisant de la venue dans leur quartier d’un dangereux prédateur.

«Pourquoi conserver ça comme dans un coffre-fort?», questionne Michel Surprenant, porte-parole de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues.

M. Surprenant est aussi le père de Julie, disparue mystérieusement en novembre 1999. La police a toujours suspecté son voisin d’en haut, Richard Bouillon, un homme au passé d’agresseur sexuel.

«Avoir su, je ne me serais jamais établi là», assure-t-il.

Autres mesures

La plupart des intervenants s’entendent pour dire que la Charte des droits empêcherait de faire comme aux États-Unis, avec la Megan’s Law, où tout le pedigree des agresseurs dangereux est rendu public sur le Web (lire la suite du reportage demain à ce sujet).

D’autres mesures pourraient toutefois s’avérer un grand pas vers une meilleure protection des enfants :

– Rendre publics le nom, la photo et le quartier où habitent les agresseurs sexuels ;

– Aviser les citoyens de la venue dans leur quartier d’un dangereux récidiviste ;

«Ce n’est pas parce qu’ils ont payé leur dette à la société qu’ils sont guéris, dit l’ex-policier et sénateur Jean-Guy Dagenais. Ils devraient être signalés dans le quartier où ils demeurent.»

«C’est trop facile d’aller se cacher, de déménager, de se faire une autre vie sans que personne ne le sache», plaide Martin Provencher, dont la fille Cédrika a vraisemblablement été enlevée, il y a cinq ans.

Commentaires