/news/currentevents
Navigation
trafic de drogue

Agent double dans le trouble

Il s’est retrouvé séquestré et a été menacé avec une hachette

Coup d'oeil sur cet article

Un agent double du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a vécu un vrai calvaire en janvier 2010. Alors qu’il commençait à infiltrer des suspects, il a été séquestré, menacé avec une machette et forcé à se déshabiller pour ­prouver qu’il n’avait pas de micro.

L’affaire a été racontée hier, alors que l’accusé principal, Antoine John Hirsh, a plaidé coupable à des accusations de voies de fait armées, menaces et intention de provoquer la peur chez un représentant de l’ordre.

Il a été condamné à six ans de prison par le juge ­Robert Marchi, de la Cour du Québec, qui s’est ainsi rendu à une suggestion de la Couronne et de la Défense.

L’histoire a commencé alors que les enquêteurs des stupéfiants de la Région nord, ont reçu de l’information voulant que l’accusé vende des stupéfiants.

Le 29 janvier 2010, un agent double, qui avait fait un premier contact avec le suspect la veille, s’est rendu chez ce dernier sur la rue Lajeunesse.

15 minutes d’enfer

«Aussitôt que l’agent double est entré dans la pièce, le suspect a verrouillé la porte derrière lui et l’a menacé avec une machette de 45 cm», a raconté Me Isabelle Grondin, de la Couronne.

«Il lui a dit : “Déshabille toi, je sais que tu es un agent de police. Ça fait longtemps que je veux tuer un agent de police”», a poursuivi l’avocate, selon laquelle deux autres complices se trouvaient dans la chambre.

L’agent double a refusé de s’exécuter. «Tu ne sortiras pas d’ici», a dit le suspect, qui a feint à plusieurs ­reprises de frapper le bras gauche du policier en s’arrêtant à un centimètre de celui-ci.

Hirsh a ensuite frappé le même bras avec le revers de la lame et a demandé au policier d’enlever ses sous-vêtements et d’écarter ses fesses pour s’assurer qu’il n’y avait pas de micro. Le policier a fini par s’exécuter et il a ensuite été roué de coups par les suspects.

Inquiets de ne pas avoir de ses nouvelles depuis une quinzaine de minutes, les membres du groupe tactique d’intervention ont défoncé la porte.

Nu dans un coin de la pièce

«Lorsqu’ils sont entrés, l’agent double était nu dans le coin de la pièce, en boule. Il n’a pas été blessé, mais il a eu peur pour sa vie», a conclu Me Grondin.

«Les faits sont particulièrement graves et heureusement, cela n’arrive pas souvent. Déjà les gens qui ­travaillent dans ce milieu-là prennent des risques importants et c’est là qu’on le constate», a dit le juge ­Marchi en rendant sa décision.


  • Les deux autres suspects dans cette affaire, David Romain et Ansy Saint-Louis, ont déjà été condamnés.

 

Commentaires