/homepage
Navigation

Ma place dans le trafic

Coup d'oeil sur cet article

Je vis à Québec depuis 52 ans. Bien que j’aie déménagé à quelques reprises, je suis toujours resté à près de 20 kilomètres du centre-ville. Et, franchement, je dois vous avouer que je n’ai jamais eu la circulation dans la colonne des désagréments de ma vie. Jusqu’au tournant des années 2000.

Je vis à Québec depuis 52 ans. Bien que j’aie déménagé à quelques reprises, je suis toujours resté à près de 20 kilomètres du centre-ville. Et, franchement, je dois vous avouer que je n’ai jamais eu la circulation dans la colonne des désagréments de ma vie. Jusqu’au tournant des années 2000. À partir du nouveau millénaire, graduellement, la fluidité de la circulation automobile a, petit à petit, été affectée.

C’est apparu sournoisement, tranquillement, comme un cancer qui s’installe. Au début, comme probablement plusieurs d’entre vous, j’ai cru à des épisodes circonstanciels. Ici une manifestation inhabituelle, là une affluence touristique exceptionnelle ou, encore plus loin, une série de travaux urgents et incontournables.

Mais, au fil du temps, j’ai constaté que les ralentissements étaient le lot de presque tous les jours de la semaine à l’heure de grande affluence. Ensuite, quelques années encore et le trafic s’est alourdi en plein jour, peu importe l’heure. Puis, autour de 2006-2007, même les weekends présentaient des situations problématiques mettant en vedette la surcharge automobile sur nos routes.

Aujourd’hui, si je devais partir de l’ouest de la ville (secteur Cap-Rouge−Saint-Augustin) pour me rendre chez mon dentiste, qui travaille sur la 3e Avenue à Charlesbourg, je devrais planifier de 30 à 35 minutes pour arriver pile poil à l’heure prévue. En 1995, j’en aurais mis 15 au maximum. Et les exemples de ce type sont légion.

Rivalité banlieue-ville

Les gens de Québec vivent de plus en plus leur ville hors de la ville. Comme une majorité de Montréalais aiment Montréal hors de l’île. La fameuse rivalité opposant la banlieue et la ville. Le cliché des clichés aurait-il rattrapé la Vieille Capitale? Je le crois, malheureusement.

D’ailleurs, j’entends de plus en plus les mêmes récriminations autour de moi. Des attaques soutenues, insistantes, qui tendent à expliquer la nouvelle organisation des banlieusards dans leur propre coin de vie, où ils espèrent trouver maintenant une offre de plus en plus complète. De quoi pouvoir aller faire les courses, se restaurer, habiller les enfants et même vivre ses loisirs sans être tenus d’aller en ville. Une banlieue autosuffisante.

Cet aménagement moderne de la vie de quartier, bien que pratique, me laisse quand même perplexe.

Car notre ville est belle, dynamique et sécuritaire. Nous l’aimons de plus en plus d’ailleurs, particulièrement depuis le 400e anniversaire de Québec qui a bonifié notre sentiment d’appartenance.

La ville du maire Labeaume sait que la congestion automobile est devenue un problème grave. Québec a donc mis sur la table un plan de mobilité durable. Une brique plutôt verte qui installe une stratégie à moyen et long termes sur le développement urbain. Un guide pour structurer l’urbanisation de Québec et le développement de ses modes de transport dans une perspective de 20 ans.

Rien pour régler ou au moins minimiser le cauchemar quotidien sur nos artères.

Même si l’on décidait de mettre sur rail le projet de tramway demain matin, aucun wagon ne pourrait rouler avant 2022. Et l’élargissement prévu de l’autoroute Henri-IV ne soulagera les automobilistes que dans cinq ans.Il est donc urgent que le ministère des transports et les villes de Lévis et Québec se parlent pour lancer des idées originales afin d’alléger maintenant le fardeau de la circulation chez nous.

Ne laissons pas notre ville nous forcer à nous enfermer dans un ghetto, bien au chaud dans nos banlieues.

Personne n’y gagnera.

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.