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drôles d’oiseaux

Un demi-dieu qui vole

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Depuis longtemps, nous les avons observés, puis nous avons envié ces oiseaux qui avaient réussi à maîtriser les airs. Nos ancêtres ne pouvant réussir à voler, ils se sont couverts de leurs plumes, et ils ont copié leurs voltiges au cours de danses et de cérémonies.

Depuis longtemps, nous les avons observés, puis nous avons envié ces oiseaux qui avaient réussi à maîtriser les airs. Nos ancêtres ne pouvant réussir à voler, ils se sont couverts de leurs plumes, et ils ont copié leurs voltiges au cours de danses et de cérémonies. Ils faisaient partie de nos rêves, d’autres ont accompagné nos légendes pour finalement rejoindre l’inaccessible univers des dieux.

Ainsi en est-il de ce demi-dieu, l’ibis sacré, tant honoré par l’extraordinaire civilisation égyptienne qui nous mystifie encore. À cette époque, le Nil, ce grand fleuve qui a permis l’éclosion d’une culture aussi riche devait ses origines à toutes ces divinités célestes.

UNE COÏNCIDENCE DES DIEUX

Et toujours au moment de ses inondations dont les alluvions enrichissaient les sols, un grand oiseau robuste, au corps puissant revêtu de plumes blanches, sauf pour le noir de la tête, du cou, du bout des ailes et du bas du corps, arrivait.

Aux yeux des Égyptiens cette coïncidence ne pouvait être que l’œuvre de leurs dieux protecteurs. Et pourquoi pas le dieu Thot lui-même, ce génie «qui avait inventé l’écriture» n’aurait-il pas tout simplement emprunté le magnifique corps de cet oiseau. Convaincus, les Égyptiens ont multiplié, les dessins, momifié les corps de cet oiseau demi-dieu (qu’on retrouve régulièrement dans les tombeaux des défunts), pour qu’il les accompagne durant leur voyage éternel.

Puis au milieu du XIXe siècle, l’ibis sacré a cessé totalement de se rendre en Égypte. On a cherché vainement des explications, des justifications pour cet abandon des dieux.

En réalité le grand oiseau à la recherche d’espaces immenses et ouverts où abondent les milieux humides s’est progressivement éloigné des lieux que les humains ont adaptés à leurs propres besoins.

De plus l’oiseau aime se retrouver le soir dans des dortoirs où des centaines d’ibis se rassemblent pour passer la nuit en espérant y retrouver une plus grande sécurité. Ils choisissent habituellement des îles éloignées des prédateurs et là, les dieux épuisés par leurs occupations célestes, s’installent au sommet des arbres en se fiant aux alertes d’efficaces vigies. Reposés, au matin, les oiseaux costauds s’envolent pour parcourir des distances impressionnantes au sein de spectaculaires et aérodynamiques formations en V.

DES DIEUX DÉCHUS ?

On reconnaît facilement les silhouettes de ces corps blancs aux pattes et au cou allongés tandis qu’alternent d’amples et rapides battements d’ailes avec de reposants moments de vol plané.

Ils se dirigent vers de nouvelles terres où ils ne sont pas toujours les bienvenus, car ils érigent au sommet des arbres des plates-formes aux dimensions dignes de palais royaux et les humains ennuyés par ces voisins, n’en veulent plus...

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