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Un docteur drogué

Un omnipraticien a été testé positivement lors d’un dépistage de «drogues de rue»

Un docteur drogué
Photo le Journal de Montréal, Chantal Poirier Le Dr Pierre Lemieux a plaidé coupable à l’accusation du Collège des médecins, hier. Sa sentence ne sera toutefois pas connue avant quelques mois.

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Un médecin de famille qui faisait un «usage immodéré de substances psychotropes» a plaidé coupable hier, devant le Collège des médecins.

Un médecin de famille qui faisait un «usage immodéré de substances psychotropes» a plaidé coupable hier, devant le Collège des médecins.

Le Dr Pierre Lemieux, de Thetford Mines, a reconnu avoir été dans un état «incompatible avec l’exercice de la profession».

Selon le Dr Louis Prévost, syndic ­adjoint du Collège des médecins, l’accusé prenait de la cocaïne.

Le document de la plainte du Conseil de discipline rapporte que le médecin a fait un usage «immodéré» au cours du mois d’octobre 2010.

Le 18 octobre 2010, l’homme avait été testé positif lors d’un dépistage de «drogues de rue» sur un prélèvement urinaire.

On peut aussi lire que le Dr Lemieux faisait partie du Programme de suivi ­administratif des médecins ayant des problèmes de santé.

Les personnes inscrites au programme, qui vient, entre autres, en aide aux médecins qui ont des problèmes de consommation, peuvent être soumises à des tests de dépistage aléatoires.

C’est d’ailleurs le directeur du programme qui a demandé le test d’urine du Dr Lemieux, alors qu’il se trouvait sur les lieux de son travail.

Il était soupçonné

Questionné à ce sujet, le Dr Prévost a indiqué que les tests de dépistage sont rares.

«Ça prend des soupçons sérieux pour procéder à des tests, indique-t-il. D’habitude, les médecins arrêtent de consommer par eux-mêmes, et ils vont chercher de l’aide.»

D’ailleurs, seulement trois médecins ont comparu devant le Conseil de discipline pour des problèmes de toxicomanie depuis 1988 (voir encadré).

Il s’agit d’une première offense devant le Conseil de discipline pour le Dr Lemieux, qui a exercé à la Clinique santé de Thetford Mines durant plusieurs ­années.

Depuis le 15 novembre 2010, il a cessé de pratiquer la médecine et ne peut prescrire de médicaments. Toutefois, il avait aussi cessé de pratiquer entre le 7 juin et le 24 août 2010. Les raisons de cette cessation sont toutefois confidentielles.

Sentence à venir

Bien qu’il ait plaidé coupable hier, le Dr Lemieux ne connaîtra toutefois sa sentence que lors d’une audience ­ultérieure, probablement au début de l’année 2013.

Il pourrait ne recevoir qu’une réprimande ou une amende, ou encore être ­radié temporairement ou de façon permanente.

Trois cas depuis 1988
Jean-Sébastien Gendron (2011)
Le médecin a reconnu avoir utilisé des prête-noms, moyennant de l’argent, pour se procurer des comprimés d’oxycodone. Il a également reconnu que sa consommation d’oxycodone et d’héroïne avait pu nuire à son travail, à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke, entre 2005 et 2009.
Période de radiation temporaire de cinq mois
Denis Saint-Hilaire (1992)
Le médecin a notamment été reconnu coupable d’avoir fait un usage immodéré de fentanyl et de Demerol en 1991 et 1992.
Il a reçu une réprimande
Alain B. Tremblay (1992)
Le médecin a plaidé coupable à une accusation d’usage abusif d’alcool, de dexedrine, de Ritalin et de cocaïne entre 1985 et 1992.
Il a reçu une réprimande
Source : Collège des médecins
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