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Hymne à l’amour

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Je vais vous faire un aveu : j’ai appris à détester mes parents étant jeune. J’ai crié, pleuré, parfois même sacré, tellement j’avais de la rage contre eux. Je voulais m’enfuir, ne pas être lié à eux. Ils m’ont fait suer, m’ont déplu et je les ai franchement honnis.

Je vais vous faire un aveu : j’ai appris à détester mes parents étant jeune. J’ai crié, pleuré, parfois même sacré, tellement j’avais de la rage contre eux. Je voulais m’enfuir, ne pas être lié à eux. Ils m’ont fait suer, m’ont déplu et je les ai franchement honnis.

Et pourtant, je les aime plus que tout, aujourd’hui. Même s’ils ne sont plus de ce monde. Même s’ils m’ont brimé à trop de reprises, je ne cesse de penser à eux.

Je pense à eux quand je suis à la radio et que je reçois des courriels après avoir bavardé en ondes sur nos difficultés, comme parents, à élever et éduquer nos enfants. Je suis franchement désespéré de voir à quel point nous peinons à nous tenir debout, fermes et résolus devant notre progéniture.

À la blague, j’ai dit, il y a plus d’un an, que j’étais prêt à donner 100 dollars à un parent qui serait capable d’attendre à Noël pour offrir à son enfant les nombreux cadeaux demandés en cours d’année. Vous savez quoi? Je n’ai pas eu de réclamation. Aucune. Pourquoi?

Laissez-moi tenter un premier élément de réponse. Parce que nous sommes des géniteurs d’une génération nouvelle. Nous devenons parents de plus en plus tard. Autour de la trentaine, une fois notre carrière bien amorcée, notre mode de vie mieux défini, et au terme d’une réflexion menée avec plus de maturité.

Le monarque

Ainsi, sommes-nous prêts pour l’arrivée du prolongement de nous-mêmes, lorsque notre rejeton émerge. Le monarque. Cet enfant chéri, dont on veut le bonheur à tout prix pour ne pas «qu’il vive les frustrations que nous avons vécues».

Le drame, c’est que le culte de l’enfant a mis parents et progénitures sur un pied d'égalité. Papa et maman s'agenouillent à la hauteur de leurs petits pour tout leur expliquer. Et pourtant, le respect dû à l’enfant doit obligatoirement s’accompagner d’un degré d’autorité nécessaire au fait d’éduquer.

La position éducative du parent réclame qu’il transmette un bagage, qu’il dessine des balises, qu’il navigue au mieux de ses capacités entre liberté (droits) et contraintes (devoirs). Freiner l’envie souvent démesurée d’un enfant, ce n’est pas le brimer, mais plutôt lui enseigner à se contenter.

Quand notre enfant veut un iPod à 200 $, il faudrait le faire attendre. S'il en a toujours autant envie au fil des mois, on pourra lui offrir pour son anniversaire ou à Noël. Il est vital de lui apprendre à patienter.

Vrai, le lien conjugal s’est déjà mieux porté. Et comme parents inquiets de s'aimer longtemps, nous nous sommes mis à vénérer démesurément nos enfants. À reporter tout notre amour sur eux.

Nos enfants sont devenus des champions du chantage affectif et nous, les parents, avons peur de ne plus être aimés. Alors, nous leur donnons tout.

Selon l’émission Enjeux, au Québec, la moitié des jeunes ayant entre 8 et 12 ans ont un iPod ou une console de jeux, 25 % ont un téléviseur dans leur chambre et 15 % ont leur propre cellulaire. Ouch! Les moins de 18 ans ont un pouvoir d’achat de 35 milliards par an au Canada.

La confrontation au manque, à l'interdit, à l’échec et à la frustration est certes une expérience fondamentale de l'être humain. Mais nous ne voulons pas y exposer nos enfants.

Et pourtant, une fois nos petits lâchés dans le grand monde, les hasards de la vie se chargeront bien de leur apporter des insatisfactions. Ne vaut-il donc pas mieux les y préparer plus tôt que trop tard?

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