/sacchips
Navigation

Des sorcières qui violent la loi 101

Des sorcières qui violent la loi 101
Photo le journal de Montréal, Anabel Cossette Civitella Joe Malko et Michel Ghaled essaient une sorcière parlante unilingue anglophone dans les rayons d’un magasin Party Expert, à Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

À la veille de l’Halloween, des décorations parlantes de zombies et de sorcières terrorisent... seulement en anglais.

«Puisque ce sont des produits disponibles sur le marché, il devrait y avoir une version en français et en anglais. Je trouve déplorable d’être inondés par des produits en anglais», lance Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Selon lui, des figurines unilingues anglophones, ça ne devrait pas être toléré par les consommateurs, et encore moins par l’Office de la langue française.

La Charte de la langue française est claire : «Sont interdits sur le marché québécois les jouets ou jeux [...] dont le fonctionnement exige l’emploi d’un vocabulaire autre que français», à moins que l’objet soit «culturel», donc que l’objet serait dénaturé par l’usage d’une autre langue que sa langue d’origine. D’ailleurs, les magasins Canadian Tire ont dû retirer leurs sorcières parlantes.

Chez Party Expert, où l’on vend ce genre de décorations à moins de 10 jours de la fête de l’Halloween, on ne fait pas grand cas de l’unilinguisme des figurines. «C’est la langue du business!», lance Joe Malko, un vendeur. Puisque le matériel arrive des États-Unis, il est à moitié surprenant que les produits vendus ne respectent pas la Charte. Et comme les clients ne se plaignent pas, il n’y a pas vraiment lieu de s’inquiéter, selon lui.

Langue de deuxième plan

«Quand les produits sont seulement en anglais, ça passe le message que la langue française est secondaire au Québec, on se sent relégué au deuxième plan», explique Mario Beaulieu. Il compare cette situation à celle d’une mauvaise traduction sur un produit : «Les citoyens sentent bien que Montréal s’anglicise, ça soulève une inquiétude, les gens deviennent plus émotifs.»

Pour Mario Beaulieu, il y a tout de même de l’espoir: «Si chaque citoyen prenait le temps d’acheter seulement en français, alors les commerces s’y adapteraient. Il faut dénoncer ces situations-là et je pense qu’on va y arriver. La pression populaire est influente.»

Commentaires