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Pas au bout de ses peines

Si Armstrong est accusé de parjure, il va lui en coûter une fortune pour se défendre

Lance Armstrong
photo courtoisie Lance Armstrong doit commencer à se sentir traqué. Il a quitté la présidence de sa fondation. Ses commanditaires l’abandonnent. L’étau se resserre.

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Lance Armstrong avait tout pour être heureux. La médecine lui avait donné une deuxième chance. Il était un miraculé. Les victimes du ­cancer pouvaient s’inspirer de son ­histoire avant qu’il ne devienne le roi du Tour de France. Mais c’est là, alors qu’il avait le monde à ses pieds, qu’il s’est embourbé.

 

Lance Armstrong avait tout pour être heureux. La médecine lui avait donné une deuxième chance. Il était un miraculé. Les victimes du ­cancer pouvaient s’inspirer de son ­histoire avant qu’il ne devienne le roi du Tour de France. Mais c’est là, alors qu’il avait le monde à ses pieds, qu’il s’est embourbé.

Armstrong nie encore. Il s’en trouve encore qui le défendent. Vrai qu’il n’a jamais échoué un test antidopage, mais les témoignages sont nombreux, accablants et indéniables.

Parmi les 26 témoins qui se sont mis à table devant l’Agence antidopage américaine, 11 d’entre eux étaient d’anciens coéquipiers.

Pas un, mais 11.

Pour faire partie de son équipe, il fallait suivre la ligne du parti et se doper. Comme ça, personne n’était mieux que l’autre et ne ­pouvait bavasser.

C’était une condition non négociable.

Ménage à l’UCI

Placée devant ces faits, l’Union cycliste ­internationale, dont les dirigeants avaient préféré fermer les yeux, n’a pas eu le choix d’entériner le jugement de l’Agence antidopage ­américaine.

Lance Armstrong n’est plus le champion du Tour de France pour les années 1999 à 2005.

Il n’y en aura probablement pas d’autres non plus. La plupart des participants avaient recours aussi à des substances ­illicites.

Dommage pour les coureurs qui pratiquent cette discipline dans les règles de l’art.

Ça va prendre un méchant coup de balai dans les bureaux de l’UCI.

Sa fondation mise en doute

Armstrong a encore ses admirateurs.

On l’a vu à Montréal dans les jours suivant la sentence prononcée par l’USADA, en août.

Ses fans se bousculaient sur le mont Royal pour faire un tour de bécane avec lui au profit de sa fondation, Livestrong. Encore dimanche, ils étaient 4 300 cyclistes à se promener avec lui dans son Texas natal.

Or, selon une enquête publiée dans le ­magazine Outside en janvier dernier – et ­signée par le journaliste Bill Gifford –, sa ­fondation contre le cancer ne remplirait plus son mandat depuis longtemps.

Selon Gifford, Livestrong, qui a amassé 500 millions en donations depuis sa fondation en 1997, n’aurait versé que 20 millions, entre 1998 et 2005, pour venir en aide aux victimes du cancer et financer ses programmes.

Depuis 2010, elle n’accepterait plus de ­demandes de financement pour les recherches sur les causes de cette maladie.

Les fonds seraient versés à d’autres organismes humanitaires, dont on connaîtrait plus ou moins les critères et le mécanisme de fonctionnement.

Cerné de toutes parts

Armstrong doit commencer à se sentir traqué. Il a quitté la présidence de sa fondation. Ses commanditaires l’abandonnent.

L’étau se resserre.

Aux gens qui ont répondu à son invitation dimanche, il leur a dit qu’il avait connu de meilleurs jours, mais qu’il en avait vécu des pires.

Armstrong n’est pas au bout de ses peines. Il a juré lors d’une enquête fédérale n’avoir ­jamais fait usage de produits anabolisants.

Si la Cour américaine l’accuse de s’être ­parjuré, il va lui en coûter une petite fortune pour se défendre.

Le cas marion jones

Le cas de Marion Jones est encore frais à la mémoire.

Il y a cinq ans, elle reconnaissait avoir usé de produits visant à améliorer ses performances. Non seulement a-t-elle perdu les cinq médailles olympiques qu’elle avait remportées, elle a purgé une peine d’emprisonnement de six mois pour mensonge sous serment.

Il lui reste peut-être encore de l’argent, mais elle a perdu sa dignité.

Le sport n’est plus un jeu

Les histoires de Jones et d’Armstrong ont un dénominateur commun : l’argent, ce vil métal.

L’argent corrompt.

La vie nous donne des exemples quotidiennement. Tout le monde savait ce qui se passait dans le milieu de la construction, mais ­personne ne disait un mot.

Il n’est pas donné à tout un chacun de faire carrière dans le sport. Mais quand on y est, les pièges sont grands avec tout l’argent qu’un athlète peut gagner.

Il faut avoir une tête solide et une morale à toute épreuve.

Le sport n’est plus un jeu, mais un moyen grandiose de gagner sa vie. Les athlètes ­veulent leur part du gâteau, certains au risque d’y ­laisser leur réputation et leur santé.

Le sport à l’état pur n’existe pratiquement plus.

Le bon vieux temps me manque.

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