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Éviter d’autres cas

Le Collège des médecins veut préciser les rôles des policiers et des docteurs

Éviter d’autres cas
Photo d'archives Huit mois après son arrestation musclée, le Dr Jeffrey Sirzyk n’a toujours pas retravaillé au Québec. Pour le Collège des médecins, il faut à tout prix éviter que les docteurs se fassent arrêter au travail par des policiers.

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Un rapport faisant état des droits et devoirs des médecins et des policiers sera bientôt publié, afin d’éviter une autre arrestation musclée comme celle du docteur Jeffrey Sirzyk à Lachute, en février.

«Il ne faut plus que ça arrive des affaires de même, ça n’a pas de bon sens, souligne le président-directeur général du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard. Il faut faire une mise au point pour assurer que tout le monde connaît les règles.»

Hier, le Journal révélait la vidéo de l’arrestation du Dr Jeffrey Sirzyk, le 27 février dernier. Alors qu’il était le seul urgentologue en poste à l’hôpital de Lachute, deux policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont procédé à son arrestation.

Manque de collaboration

On lui reprochait d’avoir refusé de collaborer à une enquête, dans une affaire d’abus d’un enfant.

La vidéo montre que les policiers ont procédé à une arrestation musclée, devant les employés de l’hôpital.

«Qu’un médecin se fasse arrêter pendant sa garde en pleine salle d’urgence, on n’avait jamais vu ça, indique le Dr Bernard. Il y a sûrement des prises de bec des fois, mais pas des arrestations.»

Dès le lendemain des événements de Lachute, le Collège des médecins a décidé de former un comité pour clarifier la situation. Au cours des derniers mois, des représentants des corps policiers et des médecins se sont rencontrés, afin d’établir des procédures claires lorsque les professionnels doivent divulguer des informations confidentielles.

D’ici Noël, un rapport sur les responsabilités de chacun sera rendu public.

Il a bien agi

Huit mois après les événements, le Dr Sirzyk réitère qu’il n’avait aucun droit de fournir au policier des informations au sujet d’un patient, sans mandat.

D’ailleurs, le Dr Charles Bernard est aussi convaincu que le Dr Sirzyk a bien agi dans les circonstances.

«Il n’avait pas les autorisations pour transmettre les informations et il ne faut pas se laisser influencer, dit-il. Je n’étais pas sur place, mais il y a sûrement eu un manque d’information du côté du policier. C’est très regrettable.»

Un médecin de moins

Depuis février dernier, le Dr Sirzyk n’a toujours pas recommencé à pratiquer au Québec. Une autre conséquence déplorable de cette arrestation musclée, ajoute le Dr Bernard.

«On a une pénurie de médecins, alors on a besoin de tout le monde. Et là, on a perdu une paire de bras dans une urgence qui en a grandement besoin.»

Par ailleurs, une enquête du Bureau des normes professionnelles de la SQ et une autre en déontologie policière sont actuellement en cours, au sujet de l’arrestation du Dr Sirzyk.

Toutefois, aucune accusation criminelle n’a été déposée contre le policier Michel El Khoury et le Dr Sirzyk.

 

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