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CHSLD | Curateur

Forcés de le placer

Une famille n’a pas d’autre choix que d’envoyer son père vivre en résidence

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Photo le journal de montréal, héloïse archambault
Josée Beauchemin est convaincue que son père aurait avantage à demeurer chez un de ses enfants, plutôt qu’en résidence pour personnes âgées.

Alors qu’elle voulait héberger son père à la maison pour en prendre soin, une famille se trouve dans l’obligation de le placer dans un CHSLD, tranche le Curateur public.

«C’est aberrant ce qui se passe, on veut s’en occuper nous-mêmes! déplore Josée Beauchemin. Mon père est embarqué dans le système du Curateur et le système est mal fait.»

Le dilemme de la famille Beauchemin a débuté en 2009, alors que leur père a commencé à avoir des pertes de mémoire. Peu de temps après, un de ses enfants a suggéré de l’héberger à la maison pour en prendre soin.

Deux options

Or, la conjointe de l’homme de 78 ans, Claire Rainville, a refusé cette option, préférant le placer en centre d’hébergement.

Puisque cette dernière et Josée Beauchemin étaient cosignataires du mandat d’inaptitude de l’homme (nous ne pouvons le nommer pour des raisons ­légales), elles devaient s’entendre.

Incapables d’en venir à une entente, les deux partis ont donc convenu de ­remettre le dossier entre les mains du Curateur public du Québec en avril dernier.

«L’avocate du Curateur nous avait fait comprendre qu’un juge ne nous donnerait jamais la garde de notre père de toute façon, explique Mme Beauchemin. Ils sont habitués dans ces dossiers-là, alors on lui a fait confiance.»

Une décision qu’ils regrettent amèrement aujourd’hui.

«On n’a plus aucun pouvoir, on regrette de les avoir crus, avoue-t-elle. Nous, on ne connaît rien là-dedans!»

Le 11 juillet dernier, le Curateur a tranché en faveur d’un placement en centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD). Depuis le 2 août dernier, l’homme demeure à la résidence Hubert-Maisonneuve, à Rosemère.

Dans son intérêt

«Le Curateur public doit s’assurer que toute décision concernant votre père est prise dans son intérêt, le respect de ses droits et la sauvegarde de son autonomie», peut-on lire dans une lettre envoyée le 14 août dernier à la famille.

Bien que l’organisme ne puisse pas commenter ce cas précis, on souligne que toutes les décisions sont prises dans l’intérêt de la personne concernée.

«Nous écoutons les deux partis et ce ne sont pas des décisions qui sont prises à la légère, assure le directeur des communications, François Loiselle. Avec les intervenants du milieu, on se base sur des évaluations fines pour savoir ce qui est le mieux pour la santé et la protection de la personne.»

De son côté, Claire Rainville est satisfaite de la décision.

«Le CHSLD, c’était sa place, croit-elle. Il est confus et personne n’aurait été ­capable de s’occuper de lui 24 h sur 24.»

Encore refusée

Le 25 juillet dernier, une autre demande d’hébergement de la part des Beauchemin a été refusée par le Curateur. La dernière option est de prendre un avocat.

«Si on avait les moyens, on irait en cour pour pouvoir ramener notre père à la maison, jure Josée Beauchemin. Mais, on a des familles à faire vivre.»

Pour elle, toute cette histoire ne fait aucun sens. «Il n’a aucune stimulation au CHSLD, il aurait été beaucoup mieux avec nous, jure-t-elle. Ça n’a pas de sens de finir ses jours comme ça.»

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