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Qui était René Lévesque?

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C’est la semaine René Lévesque. On commémore les 25 ans de sa mort. On célèbre son héritage immense. Chacun y va de son couplet. Lévesque serait le père fondateur du Québec moderne. C’est vrai. Mais c’est insuffisant.

C’est la semaine René Lévesque. On commémore les 25 ans de sa mort. On célèbre son héritage immense. Chacun y va de son couplet. Lévesque serait le père fondateur du Québec moderne. C’est vrai. Mais c’est insuffisant.

On s’est fabriqué, depuis 20 ans, un René Lévesque en carton-pâte. Aseptisé. Un Lévesque couleur pastel. Fait sur mesure pour le consensus médiatique. Moderne. Démocrate. Politiquement correct. On en oublie presque pourquoi cet homme fut à la fois admiré et combattu. Vénéré et détesté.

Il lui arrive ce qui est arrivé au général de Gaulle en France. Tout le monde se réclame de sa mémoire. Mais plus personne ne sait ce qu’il souhaitait vraiment. Il faut redécouvrir l’homme derrière le mythe.

LA SOUVERAINETÉ

Son objectif, c’était la souveraineté. Il ne s’agissait pas pour lui d’un projet technocratique. Mais d’une quête existentielle. Question simple : les Québécois sont-ils plus niaiseux que les autres peuples? Non? Pourquoi n’auraient-ils pas leur pays?

Lévesque avait le sens de l’histoire. Des racines. De l’identité. Ce n’était pas un tiède. On le voit avec sa définition de la nation. Chez Lévesque, la nation n’était pas qu’une association relâchée d’individus avec des droits.

La nation était une histoire qui remontait jusqu’à la Nouvelle-France et se prolongeait jusqu’à aujourd’hui. C’était l’histoire d’un peuple d’explorateurs et de résistants qui s’étaient battus et avaient survécu. Il ne réduisait pas le passé canadien-français à une stupide Grande Noirceur.

Dans Option Québec, son texte le plus important, il allait jusqu’à écrire que celui qui ne ressentait pas cette histoire ne faisait plus partie de la nation! Chose certaine, il était méfiant envers les donneurs de leçons qui invitent les peuples au reniement.

LA LANGUE

Cela vient avec la question de la langue. Les pleureuses du débat linguistique ne cessent de nous dire qu’il avait des réserves envers la loi 101 de Camille Laurin. Qu’il avait un grand malaise à l’idée de légiférer sur la langue.

Peut-être. Mais l’essentiel est ailleurs. Lévesque a accepté la loi 101. Dans une version infiniment plus «radicale» que ce que proposent aujourd’hui les péquistes. Il avait cautionné l’affichage unilingue. Il voulait faire du français la langue exclusive des lois. Lévesque a permis une révolution linguistique.

Cela ne l’empêchait pas d’être un démocrate absolument exemplaire. Très respectueux, par exemple, des droits de la minorité anglophone. Il ne reconnaissait pas aux immigrants, toutefois, le droit fondamental de s’angliciser à même les fonds publics.

Lévesque n’aimait pas l’arrogance des tribunaux et le gouvernement des juges. Au moment du coup de force de 1981-1982, avec le rapatriement de la constitution, il dénonçait vigoureusement leur emprise croissante.

LE DOS À LA GAUCHE «RADICALE»

Lévesque savait aussi que l’indépendance n’est ni à gauche, ni à droite. En fondant le PQ, il a tourné le dos à la gauche «radicale» du RIN de Pierre Bourgault. Il a préféré s’allier avec la droite conservatrice du RN. C’était un homme de coalition qui transcendait les idéologies.

Je tire de tout cela une conclusion : ceux qui accusent les souverainistes de «renier René Lévesque» lorsqu’ils parlent d’identité ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent. S’ils redécouvraient le vrai René Lévesque, ils cesseraient d’usurper grossièrement sa mémoire.

Il faut redécouvrir l’homme derrière le mythe
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