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Le coquelicot de Marois choque

Pauline Marois
© Photo Stevens LeBlanc La première ministre avait choqué les vétérans en ornant cette semaine son coquelicot d’un lys d’or. Elle assure n’avoir jamais voulu en faire un geste politique.

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En épinglant un lys au centre de son coquelicot rouge, Pauline Marois a provoqué l’ire des vétérans, qui y voient un «manque de respect» envers ce symbole sacré du jour du Souvenir.

«Les vétérans sont très insultés. Je parle de vétérans québécois qui disent que lorsqu’ils se sont battus, ce n’était pas juste pour le Québec, mais pour le Canada», indique la présidente de la section québécoise de la Légion royale canadienne, Margot Arsenault.

Son bureau a été inondé de plaintes à cet effet, hier, si bien que Mme Arsenault enverra aujourd’hui une lettre à la première ministre pour l’aviser de son «faux pas».

Mme Marois a en effet enfreint le règlement de la Légion, qui stipule «qu’aucune autre épingle (...) ne devrait être utilisée pour attacher le coquelicot au vêtement».

Partisanerie

L’ex-militaire et député de la CAQ, Éric Caire, s’est aussi dit choqué.

«Mme Marois a manqué de hauteur. Comme chef du gouvernement québécois, elle a le devoir d’avoir une certaine élévation. Elle a manqué en donnant une saveur politique et partisane à un symbole qui ne l’est pas», a-t-il lancé.

Le colonel à la retraite Michel Drapeau abonde sensiblement dans le même sens. «Je ne suis pas tellement impressionné. Je pense que Mme Marois, en sa qualité de premier ministre du Québec, représente tous les Québécois et non pas seulement ceux de sa formation politique.»

À Ottawa, le geste de Mme Marois a aussi déplu au député libéral fédéral Marc Garneau, issu d’une famille de militaires.

«J’ai servi mon pays dans la Marine canadienne. Mon père a fait carrière dans le Royal 22e Régiment et s’est battu durant la Deuxième Guerre mondiale. Mon grand-père s’est battu pour le Canada pendant la Première Guerre mondiale. Les symboles sont très importants et je ne crois pas qu’on doive jouer avec ces choses-là.»

Son collègue Stéphane Dion n’en fait pour sa part peu de cas. «Je vois plein de gens qui mettent la feuille d’érable; alors, je ne vois aucun problème avec la fleur de lys. S’il y a des exigences comme quoi on ne doit rien mettre, bien qu’on nous le dise, mais je n’étais pas au courant.»

Le Journal n’a pas obtenu de retour d’appel du bureau de Mme Marois. Le bureau du ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, est pour sa part resté évasif.

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