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La fougue de la jeunesse

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La fougue de la jeunesse
French Kiss 1986
de Michel Falardeau
Aux Éditions Glenat Québec
Après Mertownville, sa série en trois tomes aux éditions Pacquet, et Luck chez Dargaud, l’artiste québécois Michel Falardeau publiait en septembre dernier son nouvel ouvrage French Kiss 1986 à la maison, chez Glénat Québec.
Jean-Dominic Leduc
collaboration spéciale

L’album est d’abord paru quelques semaines plus tôt en France, où les critiques ont toutes été bonnes. Et pour cause, car le bédéiste s’est littéralement surpassé dans ce nouvel album où l’adolescence est une fois de plus au cœur du récit. «Malgré que l’adolescence soit le dénominateur commun de mes albums publiés à ce jour, ce n’est pas pour autant ma principale source d’inspiration», lance-t-il en riant au bout du fil depuis son atelier de Bordeaux, où il termine une résidence. «Ça s’explique plutôt par le simple fait que ce sont mes projets les plus terre-à-terre qui ont été retenus par les éditeurs.»

Hommage

French Kiss 1986 raconte l’histoire d’une guerre de jeunes de quartier séparés en deux clans, où naît de cette rivalité un amour de jeunesse. L’auteur avoue avoir voulu rendre hommage au cinéma des années 1980, qui a bercé son enfance avec Les Gonnies et La guerre des tuques, mais aussi à ses amis et à sa famil le, qu’il s’est amusé à croquer dans les rôles secondaires.

«J’ai eu tellement de plaisir à mettre en scène les gens de mon entourage dans des situations impossibles, comme mon cousin qui passe l’album complet à morver», s’esclaffe l’auteur. «J’ai hâte de voir leurs réactions!» Le bédéiste Jeik Dion, illustrateur d’Émeute à Golden Gate paru plus tôt cette année aux éditions Front Froid, est d’ailleurs de la distribution. 

L’écriture

Lui qui travaillait sans plan ni scénario préétabli, voilà qu’il s’est mis à pondre un scénario avant d’attaquer le dessin. «Avant, j’improvisais, j’y allais au gré de l’inspiration. Pour French Kiss 1986, je me suis imposé une méthode de travail.»

Résultat? Le récit est diablement bien construit, le rythme est bon, les personnages sont clairement définis, le découpage est impeccable et le dessin est magnifique.

L’album s’adresse à un vaste lectorat, abordant les thèmes universels de l’enfance et des amours de jeunesse. Les clins d’œil à la culture des années 1980 pullulent sans nullement gêner la compréhension de lecteurs n’ayant pas connu cette décennie. Comme le cinéaste André Melançon l’a brillamment fait 30 ans plus tôt avec sa Guerre des tuques, Michel Falardeau insuffle à son récit une belle dose de candeur qu’on reçoit avec grand bonheur, surtout en cette époque de désillusions, où l’innocence nous semble si loin.

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Après Mertownville, sa série en trois tomes aux éditions Pacquet, et Luck chez Dargaud, l’artiste québécois Michel Falardeau publiait en septembre dernier son nouvel ouvrage French Kiss 1986 à la maison, chez Glénat Québec.

L’album est d’abord paru quelques semaines plus tôt en France, où les critiques ont toutes été bonnes. Et pour cause, car le bédéiste s’est littéralement surpassé dans ce nouvel album où l’adolescence est une fois de plus au cœur du récit. «Malgré que l’adolescence soit le dénominateur commun de mes albums publiés à ce jour, ce n’est pas pour autant ma principale source d’inspiration», lance-t-il en riant au bout du fil depuis son atelier de Bordeaux, où il termine une résidence. «Ça s’explique plutôt par le simple fait que ce sont mes projets les plus terre-à-terre qui ont été retenus par les éditeurs.»

Hommage

French Kiss 1986 raconte l’histoire d’une guerre de jeunes de quartier séparés en deux clans, où naît de cette rivalité un amour de jeunesse. L’auteur avoue avoir voulu rendre hommage au cinéma des années 1980, qui a bercé son enfance avec Les Gonnies et La guerre des tuques, mais aussi à ses amis et à sa famil le, qu’il s’est amusé à croquer dans les rôles secondaires.

«J’ai eu tellement de plaisir à mettre en scène les gens de mon entourage dans des situations impossibles, comme mon cousin qui passe l’album complet à morver», s’esclaffe l’auteur. «J’ai hâte de voir leurs réactions!» Le bédéiste Jeik Dion, illustrateur d’Émeute à Golden Gate paru plus tôt cette année aux éditions Front Froid, est d’ailleurs de la distribution. 

L’écriture

Lui qui travaillait sans plan ni scénario préétabli, voilà qu’il s’est mis à pondre un scénario avant d’attaquer le dessin. «Avant, j’improvisais, j’y allais au gré de l’inspiration. Pour French Kiss 1986, je me suis imposé une méthode de travail.»

Résultat? Le récit est diablement bien construit, le rythme est bon, les personnages sont clairement définis, le découpage est impeccable et le dessin est magnifique.

L’album s’adresse à un vaste lectorat, abordant les thèmes universels de l’enfance et des amours de jeunesse. Les clins d’œil à la culture des années 1980 pullulent sans nullement gêner la compréhension de lecteurs n’ayant pas connu cette décennie. Comme le cinéaste André Melançon l’a brillamment fait 30 ans plus tôt avec sa Guerre des tuques, Michel Falardeau insuffle à son récit une belle dose de candeur qu’on reçoit avec grand bonheur, surtout en cette époque de désillusions, où l’innocence nous semble si loin.

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