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Témoignage

Offrir son rein, un réel don de soi

Ginette Roy assure qu’elle n’a plus peur de rien après avoir donné son rein à son conjoint

Offrir son rein, un réel don de soi
Photo Le Journal de Montréal, Anabel Cossette-Civitella Ginette Roy (ici avec son conjoint Pierre Bourguignon) a tiré profit de son repos forcé pour prendre des cours de motocyclette pendant sa convalescence.

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Depuis le 6 février 2012, Pierre Bourguignon vit mieux grâce au don de rein de sa conjointe, Ginette Roy. Elle a d’ailleurs été récompensée à Memphis la semaine dernière par le seul prix Humanitaire décerné par la compagnie Fedex à un Canadien.

Comme son frère et sa sœur, Pierre Bourguignon a été diagnostiqué assez jeune porteur de la polykystique des reins, une maladie héréditaire. À l’âge de 49 ans, après trois mois de dialyse et une année difficile, sa conjointe Ginette Roy n’en pouvait plus de voir son état se détériorer. Elle lui a offert son rein.

Lui, il ne voulait pas qu’elle fasse ce sacrifice. Elle, elle savait qu’elle n’avait pas le choix, il y avait trop de signes. «C’était quoi la chance qu’on ait le même groupe sanguin (O positif) et que tout concorde parfaitement?»

Pour Madame Roy, la décision s’est imposée d’elle-même, surtout que son conjoint en aurait eu pour sept ans d’attente sur une liste de don normale.

L’histoire

Malgré la reconnaissance qu’elle a reçue au sein de la compagnie pour laquelle elle travaille, Ginette Roy ne veut pas être considérée comme une personne extraordinaire, mais elle insiste : être en mesure de sauver une vie est extrêmement gratifiant. Si elle a été capable de donner, alors tous devraient être capables de le faire. 

Pour sa conjointe depuis 10 ans, la maladie de Pierre avait toujours été plus ou moins sous-entendue : «C’est quelque chose qui est là, on sait que ça va arriver, mais on le voit toujours très loin. Quand ça arrive, la vie est bousculée dans tous les sens.» En hémodialyse à la fin de l’année 2011, Pierre Bourguignon se rendait à l’hôpital deux fois par semaine pour y consacrer quatre heures à l’épuration de ses reins défectueux.

Il avait toujours vu la maladie comme une ombre au tableau, mais rendu à ce point, elle était devenue envahissante : «Je faisais juste ça : travailler et aller en dialyse. Je n’avais pas d’énergie pour faire autre chose».

L’après-don

Le don ne se fait pas sans peur ni sans mal, car donner un rein, «ce n’est pas comme aller chez le dentiste», soutient Ginette Roy. Ça vient avec son lot de questionnements et de larmes, mais on ne le regrette jamais, insiste-t-elle.

Si elle a souffert après l’intervention, au bout du compte, l’épreuve les a rapprochés. «Moi, ça ne me donnait rien. Sauf de voir mon conjoint regagner une deuxième vie». Et aujourd’hui, ils vivent comme avant.

Durant ses trois mois de convalescence, Ginette Roy a même tiré profit de son repos forcé pour prendre des cours de motocyclette. De passagère, elle est passée à conductrice. «Elle n’a plus peur de rien maintenant!», s’exclame Pierre Bourguignon, admiratif.

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