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Embauche surprenante

La Couronne engage une procureure dont le conjoint a défendu Vito Rizzuto

Embauche surprenante
Photo d’archives Me Marie-Hélène Giroux était associée avec son conjoint, Me Clément Monterosso, depuis 2004.

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L’avocate Marie-Hélène Giroux, qui a défendu des membres du crime organisé et dont le conjoint a représenté le parrain Vito Rizzuto, a été engagée par la Couronne pour piloter des dossiers de corruption liés à la mafia.

L’avocate Marie-Hélène Giroux, qui a défendu des membres du crime organisé et dont le conjoint a représenté le parrain Vito Rizzuto, a été engagée par la Couronne pour piloter des dossiers de corruption liés à la mafia.

Si le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) se félicite de l’acquisition d’une procureure de ce calibre (voir autre texte), plusieurs sources ont signalé au Journal que cette embauche ne fait pas l’unanimité, tant du côté de la poursuite que celui de la défense.

Gilles Duceppe, l’ancien chef du Bloc québécois, parle même d’un «grand malaise», après avoir reçu les confidences de «plusieurs personnes impliquées dans le domaine judiciaire, qui m’ont fait part de leurs inquiétudes».

«Je trouve que c’est très questionnable, estime le nouveau chroniqueur du Journal. Ça m’a surpris. Dans notre système de justice, il ne doit pas y avoir de conflit d’intérêts, ni même d’apparence de conflit d’intérêts. C’est jouer avec le feu.»

Me Clément Monterosso, dont Me Giroux est la conjointe et était l’associée dans leur cabinet d’avocats à Outrement — elle l’était toujours hier, d’ailleurs, sur le site Internet de la firme — depuis huit ans, a défendu Vito Rizzuto jusqu’en Cour Suprême, de 2004 à 2006. Le parrain contestait alors son extradition aux États-Unis pour y être jugé relativement à son rôle dans les meurtres de trois capos de la famille mafieuse new-yorkaise Bonanno, en 1981.

Zampino, Catania et cie

Me Giroux a été recrutée par le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM), l’équipe de procureurs de la Couronne chargée de faire condamner les personnes arrêtées par l’escouade Marteau et l’Unité permanente anticorruption.

Le DPCP a confirmé que l’un de ses mandats est celui où l’ex-numéro 2 de la Ville de Montréal, Frank Zampino, l’entrepreneur Paolo Catania, l’entreprise Construction Frank Catania, l’ex-chef de cabinet de Gérald Tremblay, Martial Fillion et l’ancien organisateur politique d’Union Montréal, Bernard Trépanier, sont accusés dans la magouille du Faubourg Contrecœur.

Un témoin de la Couronne dans ce dossier, Elio Pagliarulo, a dit devant la commission Charbonneau que non seulement la mafia récoltait une redevance de 5 % des contrats publics, mais que Frank Catania avait «un accès direct au parrain», tandis que son fils Paolo Catania aurait donné 550 000 $ en pots-de-vin à Frank Zampino.

 

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