/news/politics
Navigation
Laval

Pas de changement au conseil municipal

Gilles Vaillancourt
Photo JACQUES PHARAND / AGENCE QMI Gilles Vaillancourt

Coup d'oeil sur cet article

LAVAL – Soulignant qu’une démission était la seule action à prendre par le maire de Laval dans les circonstances, le parti d’opposition du Mouvement lavallois a toutefois estimé que ce geste ne changera pas la philosophie au sein du conseil municipal, caractérisé par l’aveuglement volontaire.

Marc Demers, conseiller technique du Mouvement lavallois et David De Cotis, président du parti et candidat dans Saint-Bruno, ont indiqué par voie de communiqué qu’en raison des nombreuses perquisitions effectuées par l’UPAC à Laval et les lourds soupçons pesant sur Gilles Vaillancourt, ce dernier n’avait d’autre choix que de démissionner.

Mais la façon de penser ne changera pas pour autant au sein du conseil municipal, dominé par le parti de l’ex-maire Vaillancourt. «... ses complices silencieux du PRO des Lavallois restent en poste au conseil [...] ils continueront de ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire jusqu’à la prochaine élection. C’est exactement le genre d’aveuglement volontaire qui a permis à la corruption de s’installer dans l’administration d’une ville, comme elle l’a fait à Montréal... », ont-ils indiqué.

La Chambre de commerce et d’industrie de Laval a fait savoir qu’elle respectait la décision de Gilles Vaillancourt. Dans un communiqué en fin d’après-midi, elle a rappelé qu’elle «encourage les autorités mandatées à faire la lumière le plus rapidement possible sur les différentes allégations», et ce, afin d’assurer la continuité du développement économique de la région.

Le gouvernement réagit

La première ministre Pauline Marois croit que le maire a pris «la meilleure décision» en démissionnant de son poste.

«Il vient un temps où la crédibilité est tellement minée qu’on n’a plus l’autorité morale pour diriger une ville de l’importance de celle de Laval», a-t-elle souligné, vendredi, lors de son passage à Sherbrooke.

Elle a toutefois tenu à rappeler que ce ne sont que des soupçons qui planent au-dessus de la tête de l’ex-maire. « On ne peut pas le dire coupable tant qu’il n’y aura pas d’accusation et même de jugement», a dit Mme Marois.

Est-ce un message pour Richard Marcotte? «Le maire de Mascouche est dans une situation un peu différente, a-t-elle expliqué. Dans son cas, il y a eu des accusations portées. Évidemment, il n’y a pas eu de jugement. D’ailleurs, notre gouvernement réfléchit actuellement sur la possibilité d’agir lorsqu’un maire se retrouve dans une telle situation de telle sorte que nous puissions le relever de ses fonctions le temps que le jugement ait lieu et que la cause soit entendue.»

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault a lui aussi salué la décision du maire.

«C'est une décision dont nous prenons acte et qui mérite d'être saluée parce que, dans les circonstances, et pour M. Vaillancourt et pour les Lavallois et Lavalloises, c'était la meilleure décision qui pouvait être prise bien que ça représente la fin d'une époque pour les gens de Laval», a dit le ministre péquiste en point de presse, en fin de journée vendredi.

Le ministre Gaudreault a tenu à rassurer les Lavallois que le gouvernement accompagnera la municipalité dans la réalisation de ses projets durant cette période de transition avant les prochaines élections, mais n’entend pas intervenir directement dans l’administration municipale.

«Il y a un conseil municipal toujours en fonction, alors il revient selon la loi, selon les normes, au conseil municipal de nommer un maire intérimaire pour les prochains mois et de nommer un conseil exécutif de transition pour les prochains mois», a dit le ministre.

Les partis d’opposition se sont également dits satisfaits de la démission du maire de Laval.

Au Parti libéral, Marc Carrière, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales, a réagi par voie de communiqué.

«Nous considérons qu’il prend une décision sage et raisonnée pour assainir l’environnement politique et l’environnement de l’administration publique de la Ville de Laval, a précisé M. Carrière.

Les nombreuses opérations policières faites dans l’environnement du maire Vaillancourt au cours des derniers mois ont miné à juste titre la confiance des Lavallois envers celui-ci.»

Un observateur indépendant

Du côté de la Coalition avenir Québec, on réclame maintenant l’envoi à Laval d’un observateur indépendant du gouvernement provincial.

«La situation de Laval justifie encore plus cette solution, car l’administration du parti PRO des Lavallois ne fait face à aucune opposition au conseil municipal», a expliqué par voie de communiqué Jacques Duchesneau, porte-parole de la CAQ en matière de justice.

Son collègue André Spénard, député de Beauce-Nord et porte-parole en matière d’affaires municipales a exigé une action vigoureuse du gouvernement péquiste. «Ce n’est pas rien: deux des trois plus grandes villes du Québec ont perdu leurs maires suite à des allégations de corruption, a déclaré M. Spénard. Le gouvernement péquiste doit agir dès maintenant pour rassurer la population.»

Pour Amir Khadir, de Québec solidaire, le maire a fait ce qu’il aurait dû faire depuis longtemps, et les autorités ont, de leur côté, été lentes à réagir. «Dans n’importe quelle démocratie qui se respecte, les autorités gouvernementales auraient depuis longtemps mis le nez dans les affaires de Laval, auraient rappelé à l’ordre le conseil municipal, son maire. Malheureusement on a tardé à le faire», a indiqué M. Khadir, ajoutant que déjà en 2009, il réclamait la démission de M. Vaillancourt.

Une autre démission à Laval

Le geste du maire Vaillancourt a eu des répercussions dans sa propre formation politique. La conseillère Claire LeBel, du Parti Pro des Lavallois, a annoncé vendredi après-midi qu’elle quittait la formation politique, jugeant que la démission de Gilles Vaillancourt ne suffisait pas pour assainir la situation de Laval. Elle siégera désormais comme conseillère indépendante.

«Le maire a pris la bonne décision» - Nicole Léger

La ministre responsable de Laval, Nicole Léger, croit que Gilles Vaillancourt a bien fait de démissionner de la mairie.

«Je pense que le maire a pris la bonne décision dans les circonstances», a indiqué Mme Léger en rappelant les mesures que son gouvernement compte mettre en place pour lutter contre la corruption.

Flanquée des députés péquistes lavallois, Suzanne Proulx et Léo Bureau-Blouin, elle a commenté le départ du premier magistrat de l’île Jésus.

«On souhaite que les choses se rétablissent le plus rapidement possible», a-t-elle ajouté.
Nouvellement arrivé dans la circonscription de Laval-des-Rapides, M. Bureau-Blouin a ajouté que «les liens de confiance entre la population et M. Vaillancourt étaient brisés.»

Lavalloise de longue date, la députée de Sainte-Rose, Suzanne Proulx a indiqué qu’elle avait entendu plusieurs préoccupations de la part de ses concitoyens et que la décision de M. Vaillancourt était attendue par la population. Elle a ajouté que l’image de Laval ne reposait pas uniquement sur son hôtel de ville, formulant le souhait que les autres groupes de la société lavalloise fassent rayonner l’image de la région.

Mme Léger a aussi indiqué qu’elle n’avait pas téléphoné à M. Vaillancourt pour lui parler de son avenir politique et n’a pas été en mesure d’indiquer si la première ministre Pauline Marois avait parlé à ce dernier comme elle l’avait fait dans le cas de l’ex-maire de Montréal Gérald Tremblay.

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.