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CRITIQUE THÉÂTRE | BÉRÉNICE

Éblouissement pour du grand théâtre classique

Éblouissement pour du grand théâtre classique
Photo courtoisie Le Théâtre Denise-Pelletier présente l’histoire d’amour Bérénice.

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La pièce de Racine, Bérénice, à l’affiche jusqu’au 24 novembre au Théâtre Denise-Pelletier, est un pur délice à tous les égards. Indéniablement, ce spectacle saura séduire les amateurs de théâtre classique. On retrouve dans cette grande tragédie amoureuse trois principaux personnages soit, Alexandre Goyette, Lise Martin et Carl Poliquin, où un empereur et une reine doivent composer avec leur destinée. Une superbe mise en scène signée Daniel Paquette.

Le texte du grand dramaturge français Jean Racine est d’une beauté extraordinaire, si bien qu’il réussira même à faire vibrer les cœurs de glace.

La pièce campée au début des années 1930 est émouvante et dramatique. Si l’intrigue est simple, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une histoire majestueuse où un empereur doit renoncer à l’amour d’une reine d’un autre pays par devoir et conviction, comme le demande son peuple.

Tout est magnifique dans cette pièce. Le jeu des acteurs, la façon dont les alexandrins sont livrés et les costumes de cette superbe époque parviennent à nous éblouir. Les décors sont aussi somptueux et la musique jouée d’un gramophone où le grésillement de l’aiguille se fait entendre, nous rappelle cette même époque. Les éclairages, notamment lors de la finale, sont aussi bien réussis.

Rien n’est laissé au hasard. C’est du théâtre comme on en voit trop peu souvent.

Alexandre Goyette se démarque

Celui qui incarne l’empereur de Rome, Titus, incarné par Alexandre Goyette domine la scène. Sa forte prestance sur les planches combinée avec son talent d’acteur exceptionnel lui vaut une note parfaite. Les sentiments qu’il éprouve pour la Reine de Palestine sont forts et le comédien sait les livrer avec passion et intensité. C’est un grand acteur qui joue à la perfection les sentiments souhaités. D’ailleurs, la dernière scène est si touchante qu’on a du mal à retenir ses larmes.

Seule ombre au tableau, la lâcheté du personnage peut à certains égards décevoir, surtout provenant d’un homme de cette envergure. Incapable de faire face aux pleurs de Bérénice, il enverra à sa place, Antiochus, roi de Comagène, annoncer à son grand amour qu’il doit l’abandonner et qu’elle devra quitter son royaume. Heureusement, Titus se reprendra et ira la rejoindre pour lui expliquer lors d’un émouvant face à face les motifs de sa décision.

Un triangle amoureux

Pour ajouter à l’aspect dramatique de l’histoire, un troisième personnage prend place. En fait, ils sont trois dans cette grande histoire d’amour. Outre Titus et Bérénice, il y a aussi Antiochus, interprété par Carl Poliquin. Il est aussi amoureux fou de Bérénice. C’est très touchant et dramatique, car celui qu’on nomme le rival aura le devoir de consoler les pleurs de Bérénice voués à Titus. Carl Poliquin est fascinant dans son personnage. Il joue son rôle avec une grande intensité.

Quant à Bérénice, elle rend justice à son personnage. La reine de Palestine est d’ailleurs si belle sur scène qu’elle a fait tomber, sous son charme, tous les hommes dans la salle.

Une pièce à voir absolument!

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