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Montréal | Corruption

L’alarme donnée dès 2004

Le Journal met la main sur le fameux rapport cité par Michael Applebaum

L’alarme donnée dès 2004
photo courtoisie En démissionnant du comité exécutif la semaine dernière, Michael Applebaum a brandi ce rapport de 2004 en disant ne pas avoir le droit de le rendre public. Le Journal en a toutefois obtenu une copie qui est disponible dans son intégralité sur son site internet.

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La Ville de Montréal se doutait depuis huit ans qu'elle payait entre 30% et 40% trop cher pour ses contrats publics, à cause de la collusion, révèle un rapport daté du 16 février 2004 dont Le Journal a obtenu copie.

Ce fameux document, auquel l'ex-président du Comité exécutif Michael Applebaum a fait référence lors de sa démission fracassante de vendredi dernier, est intitulé Rapport d'un groupe de travail externe sur la gestion des risques dans les contrats de construction.

Préparé pour la direction de l'Approvisionnement de la Ville, il sera rendu public cette semaine, tout comme six autres rapports sur le même thème.

À l'époque, ce document constituait un premier signal d'alarme pour les autorités de la Ville, bien plus qu’une preuve tangible de fraude.

Ainsi, on y retrouve surtout des constats théoriques, et aucun exemple concret ne sert à appuyer ses conclusions, a pu constater le Journal en feuilletant les 32 pages.

Tout de même, la plupart des constats relevés par les experts rejoignent les révélations qui émanent de la commission Charbonneau, ces jours-ci.

D’abord, celui que les contribuables montréalais paient trop cher pour les travaux publics.

«Le groupe de travail estime à 30%, 40% et même davantage la différence entre le coût d'un projet réalisé dans un marché ouvert (libre compétition) et dans un marché fermé (collusion)», peut-on lire.

Pas de compétition

Aussi, il semble que les montants des cautionnements exigés par la Ville aux entrepreneurs, qui sont une sorte de garantie que ces derniers seront en mesure d'accomplir les travaux, étaient trop élevés. Cela éliminait les plus petit joueurs du marché, et appauvrissait donc la compétition.

En outre, les standards de qualité exigés pour les travaux à Montréal étaient parfois inutilement élevés, ce qui faisait monter les coûts, estiment les auteurs du rapport.

Ces derniers notent par ailleurs qu'il a été très difficile pour eux d'obtenir les chiffres de la ville de Montréal pour les comparer à ceux es autres villes, ce qui laisse supposer une sorte d'obstruction interne, à la Ville, pour s'opposer à l'exercice.

Parmi les autres documents que la Ville compte rendre publics cette semaine, il y a un rapport interne de 2006 dans lequel il est question, pour la première fois, de collusion et de corruption.

Un autre rapport daté de 2009, produit par le groupe CGT, dresse aussi le même constat.

Trois autres rapports de gestion réalisés entre 2010 et 2011 seront également dévoilés, tout comme l'étude complétée en 2012 qui révèle que les coûts des contrats et des contingences (extras) ont baissé respectivement de 20% et 50% depuis que la Ville a mis en place une série de mesures pour lutter contre la collusion et la corruption, à partir de la fin 2009.


• La semaine s'annonce mouvementée à l'Hôtel de Ville. Des sources indiquent au Journal qu'au sein d'Union Montréal, on craint que Michael Applebaum et la vingtaine de conseillers qui l'ont appuyé la semaine dernière ne quittent le navire pour former une coalition avec les partis d’opposition.

 

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