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Zarkana | Le Cirque du Soleil

Langage inventé tout en poésie

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Si vous allez voir Zarkana à Las Vegas, le spectacle du Cirque du Soleil qui vient tout juste de s’installer dans la capitale du jeu, n’essayez pas de comprendre ce que chante Paul Bisson, qui joue le personnage principal Zark. Vous ne trouverez les paroles de ses chansons dans aucun dictionnaire dans le monde.

LAS VEGAS | Si vous allez voir Zarkana à Las Vegas, le spectacle du Cirque du Soleil qui vient tout juste de s’installer dans la capitale du jeu, n’essayez pas de comprendre ce que chante Paul Bisson, qui joue le personnage principal Zark. Vous ne trouverez les paroles de ses chansons dans aucun dictionnaire dans le monde.

Dans Zarkana, l’opéra rock acrobatique qui a pris l’affiche au théâtre de l’hôtel Aria au début de novembre, Paul Bisson chante dans une langue inventée, qui a été baptisée «Cirquish», en anglais.

Ce langage, qui évoque à l’oreille un mélange entre l’italien, l’espagnol et l’anglais, a déjà été utilisé dans d’autres productions du Cirque du Soleil. Cependant, on lui avait préféré l’anglais quand Zarkana, qui raconte l’histoire d’un magicien ayant perdu ses pouvoirs puis qui retourne dans le théâtre où il avait connu son heure de gloire, a fait ses débuts au Radio Music City Hall, à New York, en 2011.

Sauf que les nombreuses acrobaties et numéros saisissants de Zarkana faisaient en sorte que les spectateurs avaient de la difficulté à suivre un récit en anglais.

Belles rimes

Donc, avant que le spectacle ne mette le cap sur Madrid à l’automne 2011, les concepteurs de Zarkana ont demandé à Paul Bisson de composer les paroles imaginaires du spectacle, un travail qu’il avait déjà accompli sur Cortéo.

«Je l’ai mis dans des sons qui sont confortables à chanter. Quand tu veux chanter haut, tu ne vas pas chercher un “ééé”, mais plutôt un “aaa” ouvert, puis j’ai fait de belles rimes. Pour moi, c’était important qu’il y ait une poésie qui s’installe, comme lorsque l’on chante en français et en anglais.»

L’effet sur la production s’est fait sentir immédiatement. «Tout ça a l’air complètement fou, mais ça fonctionne», écrivait un journaliste du Las Vegas Sun, récemment.

Le langage inventé a aussi un effet sur la personnalité de Zark, que Bisson dit avoir poussé vers le fantastique en s’inspirant de Tim Burton. En outre, Zark a, depuis Madrid, les cheveux longs pour qu’il ait l’air «plus rockeur», mais n’allez pas croire que Paul Bisson chante n’importe quoi. Chaque mot, chaque son a été écrit et doit être le même soir après soir.

«Pourquoi? Parce que toute l’équipe scène a des cues par rapport à nos textes. Ce sont donc les mêmes paroles tout le temps. Par exemple, durant l’introduction, il y a un mover (les movers sont les personnages de l’histoire de Zarkana qui sont présents sur scène pour chaque numéro) qui se réveille à chaque mot que je dis.»

Cela dit, Bisson se permet quand même une petite fantaisie de temps à autre, en changeant un mot «pour faire rire l’équipe à l’interne».

Vie normale

Paul Bisson a d’abord été engagé comme substitut à Garou sur le spectacle Zarkana. Quand Garou a dû quitter après l’été 2011 pour un autre engagement, Bisson a pris la relève et est devenu Zark alors que la production allait séduire le public de Madrid et de Moscou.

La vie de globe-trotteur est cependant terminée depuis l’installation de Zarkana à Las Vegas. Même si les voyages vont lui manquer, le chanteur se réjouit de revenir à une vie plus normale.

«Je suis en train d’installer mon studio chez moi. On a un bel horaire aussi avec deux jours de congé par semaine, quelque chose qu’on n’a pas en tournée. De plus, les shows ont lieu le soir. On a donc toutes nos journées. Ce ne sont plus des journées de douze heures comme en tournée.»

De l’eau, de l’eau

L’artiste a cependant dû apprendre à se méfier du climat sec du désert du Nevada, lequel peut s’avérer dévastateur pour la voix d’un chanteur. Il a donc toujours une bouteille d’eau à la main.

«Je cours habituellement une heure ou une heure trente par matin et là, j’ai dû arrêter à cause de la sécheresse. Je me suis ramassé avec du mucus dans les cordes vocales, les lèvres et le visage me fendaient. Je bois de l’eau continuellement. Il faut laisser le temps au corps de s’adapter. Même s’il fait beau, c’est sec», dit celui qui est tombé en amour avec le théâtre de 1840 places du luxueux hôtel Aria.

«Le théâtre est hallucinant. De la façon dont il est fait, même au balcon j’ai l’impression que les gens sont près. Ça me donne du jus. Sur scène, j’ai l’impression que je peux aller m’asseoir avec les spectateurs.»

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