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Danser sur deux roues

Tétraplégique, France Geoffroy est une pionnière de la danse intégrée au Québec

Danser sur deux roues
Photo courtosie Pionnière de la danse intégrée au Québec, France Geoffroy danse en fauteuil roulant depuis plus de 10 ans.

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France Geoffroy danse en fauteuil roulant, donne des cours de danse intégrée et tente de démystifier cette discipline encore bien méconnue au Québec.

France a toujours rêvé de danser. Il y a 21 ans, elle devait être admise en danse au Collège Montmorency. Quatre jours avant la rentrée, elle a été victime d’un accident de plongeon qui l’a rendue tétraplégique.

«Mon premier rêve après mon accident, c’était juste de danser et d’être interprète», raconte celle qui est confinée à un fauteuil roulant.

Après avoir fait des études et effectué des stages en danse malgré sa différence, Mme Geoffroy a voulu démystifier la danse intégrée au Québec en lançant sa propre entreprise.

«Mon fauteuil roulant m’a amenée là où mes jambes ne m’ont pas amenée. Je remercie la vie qui me permet, malgré tout, de faire ce que j’aime et c’est le plus important pour moi», confie-t-elle en entrevue au Journal.

Danse intégrée

La danse intégrée rassemble sur scène des personnes à mobilité réduite et des personnes sans handicap. La danseuse de 38 ans a fondé Corpuscule Danse en 2000 qui lui permet d’enseigner à ces deux clientèles.

À l’aube de la quarantaine, «ça me permet de faire ce qui me passionne et de transmettre ma passion à des gens qui composeront la relève de demain», mentionne-t-elle.

Pionnière de la danse intégrée au Québec, France Geoffroy est devenue, au fil des ans, une référence en la matière, entre autres, dans les centres de réadaptation.

«Je reçois des appels toutes les semaines. Il y a des centres de réadaptation qui m’appellent de Rimouski et des Îles-de-la-Madeleine parce qu’ils veulent que leur clientèle profite de ça.»

Pratique méconnue

Cette amoureuse de la danse estime avoir apporté un nouveau champ d’exploration qui crée un engouement certain depuis quelques années.

«Mon rêve, c’est que cette discipline soit enseignée dans les universités et, croyez-moi, ça le sera!» affirme-t-elle.

Au même titre que les Jeux paralympiques existent pour les sportifs handicapés, France Geoffroy croit que les arts sont appelés à se développer de plus en plus auprès des personnes vivant avec un handicap physique.

«Le milieu a compris que les arts de la scène sont des médiums remplis de possibilités pour les gens handicapés.»

Celle qui a l’habitude d’enseigner aux adultes aimerait, à compter de janvier prochain, donner des cours de danse intégrée à des enfants.

Collaborations

Mme Geoffroy s’implique au sein de son milieu, entre autres en collaborant avec l’Association québécoise des traumatisés crâniens (AQTC).

Consciente de l’épreuve que ces personnes ont vécue, elle a accepté de monter une chorégraphie en sept semaines avec un groupe de gens qui ont vécu un traumatisme crânien par le passé.

«On se sent en confiance avec France. Elle nous comprend bien et on ne se sent pas jugé», lance Serge Mailloux, un élève qui n’avait jamais dansé de sa vie.

«La perte de mémoire est une des conséquences du traumatisme crânien, alors il s’agissait d’un défi de taille pour ces personnes», ajoute Ingrid Robert-Angers de l’AQTC.

France Geoffroy refuse d’amener la danse à un niveau moindre parce qu’une personne n’arrive pas à suivre le restant du groupe.

«Il faut essayer d’aller chercher les forces de chacun et de mettre tout le monde en valeur sur la scène», conclut-elle sur une note rassurante.

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