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Santé | plainte

Négligée dans un CHSLD

D’après sa famille, une femme âgée n’aurait pas reçu les services d’hygiène de base

Négligée dans un CHSLD
Photo le journal de montréal Le CHSLD Saint-Vincent-Marie à Ville-Saint-Laurent est pointé du doigt par deux sœurs qui estiment que leur tante n’a pas reçu les soins de base durant les derniers mois de sa vie. L’établissement assure pourtant avoir fait le nécessaire.

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Deux sœurs dénoncent le traitement réservé à leur tante dans un CHSLD. Ongles longs et sales, dents pas brossées, visites rarissimes: le personnel a négligé la patiente aujour­d’hui décédée, estime sa famille.

Presque chaque fois qu’elles franchissaient les portes du CHSLD pour rendre visite à leur tante, Monique et Louise Laurendeau en ressortaient désespérées.

«Lorsque Janine est partie, ç’a été un soulagement de savoir qu’on allait plus la revoir dans cet état», confient-elles.

En perte d’autonomie physique, leur tante Janine Duffy, 82 ans, a été placée en novembre 2010 au centre d’hébergement et de soins de longue durée Saint-Vincent-Marie, dans Saint-Laurent, à la suite d’une fracture de la hanche.

Mais visiblement, les trois heures et demie de soins qu’elle était censée recevoir par jour étaient loin d’être effectuées, selon sa famille.

«On ne lui brossait même pas les dents», déclare Louise Laurendeau.

À plusieurs reprises avec sa sœur Monique, elle a pu remarquer que la toilette de Janine n’était faite qu’à moitié et parfois même, pas du tout.

«Un jour j’ai pris ses mains, elle avait les ongles longs et sales. J’en ai parlé à l’infirmière et elle m’a expliqué qu’il s’agissait certainement d’excréments», relate Monique qui n’en revient toujours pas.

Les deux sœurs ont alors trempé les doigts de leur tante dans un bol d’eau pour parvenir à couper ses ongles.

Quelques jours avant sa mort, elles ont dû recommencer la même opération.

«Une note au dossier»

Dans les derniers mois, lorsque Louise poussait la porte de la chambre de Janine, elle trouvait sa tante assise devant la télévision, écran éteint.

«Personne ne venait la voir, ce n’est pas possible. On ne lui allumait même pas la télé», déplore-t-elle.

Les deux sœurs sont allées régulièrement se plaindre auprès du personnel de l’étage, avec en retour une seule et même réponse: «Nous mettrons une note à son dossier.»

«On est supposé mettre des notes pour contrôler l’état de santé, pas pour penser à laver correctement les patients», se désole Monique.

Pour compléter le tableau, une des bagues de Janine Duffy a disparu quelques jours avant son décès.

«Personne n’est capable de nous dire où elle peut bien être. Et c’est impossible qu’elle ait pu l’enlever toute seule», affirment les sœurs.

Récemment, elles ont formulé une plainte auprès du Protecteur du citoyen, qui étudie, entre autres, les requêtes de personnes estimant avoir été mal traitées par un établissement du réseau de la santé.

Culpabilité

Aujourd’hui, une certaine culpabilité ronge les deux femmes, si bien que leur première expérience avec un CHSLD risque aussi bien d’être la dernière.

«J’en ressors outrée. Jamais mes parents ne mettront les pieds dans un CHSLD», confie Louise Laurendeau.

«Notre tante ne parlait pas, ne se plaignait pas et finalement, souffrait en silence», déplore de son côté Monique.

Elle pointe du doigt l’indifférence du personnel soignant et la «négligence supervisée» dont il a fait preuve à l’égard de Mme Duffy.

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