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Budget Marceau : les banques passent à la caisse

Banque nationale
Photo Agence QMI / Archives

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Les grandes institutions financières sont mises à contribution dans le premier budget Marceau. Une mesure temporaire instaurée par les libéraux visant à taxer les salaires des employés des banques est prolongée et rehaussée de façon importante jusqu’en 2019.

Bien qu’il reconnaisse que les charges sur les salaires pour les employeurs sont déjà importantes, le nouveau gouvernement n’a pas craint de hausser d’environ 50 % la contribution que devront payer les banques chaque fois qu’elles rémunèrent leur main-d’œuvre.

En 2009, les libéraux avaient instauré une contribution spéciale visant les banques dans un contexte de crise financière.

Désormais, les grandes banques, sociétés de prêts et autres courtiers en valeurs mobilières seront contraints de payer à Québec une taxe additionnelle de 2,8 % sur les salaires qu’elles versent à leurs employés, contre 1,9 % auparavant.

Curieusement, le mouvement coopératif Desjardins est soumis à une taxe moins élevée (2,2 %), tout comme d’autres institutions financières.

En conférence de presse, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a toutefois nié que Desjardins profitait d’un traitement de faveur par rapport aux autres institutions financières, sans pouvoir bien expliquer la raison de cet écart.

En 2014-2015, la ponction prévue chez les institutions financières atteint 211 millions $, presque le triple du montant prélevé un an plus tôt.

C’est un montant qui s’ajoute aux sommes que la première contribution instaurée par les libéraux permettait d’aller chercher.

En conférence de presse, M. Marceau a nié que ces hausses de taxes visaient à «punir» les dirigeants des grandes banques pour la rémunération mirobolante de certains hauts dirigeants. «Les banques sont des entreprises qui s’en tirent très bien. Je ne m’en ferais pas pour elles», a-t-il dit.

Les primes d’assurances seront aussi davantage taxées, ce qui signifie qu’elles coûteront plus cher à émettre pour les banques et les assureurs.

Impact sur l’embauche

En entrevue, le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, a déploré le fait que cette mesure pourrait bien faire mal aux mauvaises personnes.

Les banques pourraient être tentées de limiter l’embauche de nouveaux employés, ou encore de refiler la facture à leur clientèle.

«C’est certain que ça va avoir un impact sur l’embauche», a-t-il dit.

M. Dorval s’en est aussi pris à l’idée voulant que les bénéfices des banques ne profitent pas à la population dans son ensemble.

« La Caisse de dépôt, tous les grands fonds de retraite au Canada sont actionnaires des banques. Moins de profits pour les banques, c’est moins de dividende pour les retraités », a-t-il avancé.

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