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Michelle Blanc, dur dur d’être une femme

Je suis sûre qu’elle ne s’attendait pas à affronter les insultes et les moqueries sur une base quotidienne...

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Par une belle journée d’été, Michel Leblanc est devenu Michelle Blanc. « Il » a perdu un pénis, mais « elle » a gagné un vagin. Depuis, Michelle Blanc a la force de se présenter sur toutes les tribunes pour parler de transsexualité, pour combattre les préjugés et les tabous.

Par une belle journée d’été, Michel Leblanc est devenu Michelle Blanc. « Il » a perdu un pénis, mais « elle » a gagné un vagin. Depuis, Michelle Blanc a la force de se présenter sur toutes les tribunes pour parler de transsexualité, pour combattre les préjugés et les tabous.

Quel courage! Je viens de lire sa biographie Michelle Blanc. Un genre à part, écrite par Jacques Lanctôt, et j’avoue que j’ai été touchée aux larmes par le parcours de Mme Blanc. Devenir une femme, ce n’est pas si facile que ça.

Changer de genre

Je connaissais déjà Michelle Blanc. C’est une excellente vulgarisatrice de tout ce qui concerne les médias sociaux. Je l’avais vue à Tout le monde en parle en 2008. Je savais que cette blonde qui mesure 6 pi 2 po avait déjà été un homme qui a fréquenté le Collège militaire royal et même joué au football américain. Je savais que Michelle avait souffert de dysphorie d’identité de genre, quand ton corps est celui d’un homme et ta tête, celle d’une femme.

Mais je n’avais aucune idée du courage qu’il fallait pour changer de sexe. Et je n’avais aucune idée de la douleur ­physique et psychologique qui vient avec.

Cours 101

Ce livre est un véritable Cours 101 du changement de sexe. J’ai appris que, après avoir pris des hormones féminines, elle avait perdu de la masse musculaire et n’arrivait plus à ouvrir un pot de cornichons (une vraie fille!).

J’ai appris que, en devenant femme, elle avait perdu ­«l’obsession du sexe apparue à la puberté», et perdu son «instinct de chasseur». J’ai aussi appris qu’on peut faire des séances d’hypnose pour adoucir sa voix et que changer de sexe c’est comme retraverser la puberté, mais en accéléré. Enfin, j’ai découvert qu’une vaginoplastie, ça fait mal en petit Jésus! On soigne ses souffrances insupportables avec une tonne d’antidouleurs.

Appelez-la madame

Michelle m’a déjà raconté que, en changeant de sexe, elle avait peur de perdre tous ses clients, mais qu’elle était sûre de garder sa famille. C’est le contraire qui est ­arrivé : ses clients ont continué à faire affaire avec elle. Sa famille l’a désertée.

Michelle affirme que, chaque fois que quelqu’un l’appelle «Monsieur», c’est comme si on lui plantait «un couteau dans le ventre». Je suis sûre qu’elle ne s’attendait pas à affronter les insultes et les moqueries sur une base quotidienne... sur les médias sociaux. Deux bourreaux, en particulier, s’en prennent à elle systématiquement.

L’un travaille dans les médias. L’autre dans une librairie. Ces deux prix Nobel de l’intimidation ne trouvent rien de mieux à faire que de montrer sur leur blogue une photo de Michelle Blanc avec une barbe ou encore d’écrire sur ­Twitter «Si un jour j'ai une jument, je promets de l'appeler Michelle Blanc!»

Harcèlement

Qu’en 2012 des gens qui se prétendent des intellectuels harcèlent une personnalité publique parce qu’elle a choisi de changer de sexe, ça me fait vomir.

Je comprends que Michelle se sente comme Don ­Quichotte «se battant contre l’ignorance crasse, le rejet, le mépris et la méchanceté des transphobes».

Continuez votre combat! Vous avez tout mon respect, Mme Blanc!

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