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Une légende s’éteint

Le policier qui a fait trembler les plus dangereux bandits des années 1970 est mort

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Un des policiers les plus connus du Canada, le Montréalais Albert Lisacek, s’est éteint hier à 79 ans des suites d’un cancer.

Les criminels le craignaient, le grand public suivait ses aventures comme une série policière. Le sergent-détective Albert Lisacek a été à l’avant-scène des affaires policières à Montréal entre 1956 et 1981.

Surnommé le Kojak québécois, il avait la réputation d’être parmi les plus durs policiers au pays. Tel un héros de film de gangsters, il a longtemps été armé d’une mitraillette Thomson, la même que celle des bandits de Chicago.

Ses 25 ans de carrière à la Sûreté du Québec, dont 12 à l’escouade des vols à main armée, ont été jalonnés de descentes musclées et d’arrestations spectaculaires.

«À l’époque, il y avait des vols de banque tous les jours. Les mesures de sécurité n’étaient pas les mêmes, les caissiers gardaient l’argent au comptoir, dans les tiroirs», racontait M.Lisacek au Journal à l’occasion de son 75e anniversaire, en 2008.

La traque des felquistes

Albert Lisacek a été un acteur marquant de la Crise d’octobre.

Il a été le premier à entrer dans la maison de la rue Armstrong, à Saint-Hubert, où Pierre Laporte a été séquestré avant d’être assassiné par des membres de la cellule de financement Chénier du Front de libération du Québec (FLQ).

C’est aussi lui qui a arrêté les felquistes Jacques Rose et Francis Simard à Saint-Luc.

À l’assaut de Blass

Albert Lisacek a consacré une bonne partie de sa carrière à traquer le criminel Richard Blass.

Le «Chat», comme on le surnommait, est à l’origine d’un des plus sanglants règlements de compte de l’histoire de Montréal: le meurtre de 13 personnes dans l’incendie du bar Gargantua, en janvier 1975.

Au moment de ce massacre, Albert Lisacek est sur la trace du «Chat» depuis déjà longtemps. Il est prêt à tout pour l’arrêter.

Trois jours après le crime, la SQ retrouve la trace de Blass à Val-David, dans les Laurentides. Il se terre dans son chalet. Les policiers encerclent l’endroit et lancent l’assaut. Lisacek participe à la fusillade. Le bandit est transpercé de 21 balles.

Sans peur et sans reproche

À la suite de cette célèbre descente, Albert Lisacek a reçu des menaces de mort accompagnée de sept balles de mitraillette dans une lettre envoyée au Journal.

«J’en ai reçu plusieurs fois, des menaces de mort, mais ça ne m’a jamais effrayé», confiait-il en 2008. Il admettait toutefois que, étant donné le métier qu’il exerçait, il ne pensait pas atteindre son 50e anniversaire.

Les faits d’armes du
serg­­ent-détective Lisacek
Entré dans les forces policières en 1956 à 23 ans
25 ans de carrière à la SQ, dont 12 à l’escouade des vols à main armée.
1970 : Il est le premier à entrer dans la maison de la rue Armstrong, à Saint-Hubert, où Pierre Laporte a été tenu captif. Il arrête les felquistes Jacques Rose et Francis Simard à Saint-Luc.
1974 : Il passe les menottes à Frank Cotroni, le fils du parrain de la mafia calabraise de Montréal, rattaché à la famille Bonanno de New York.
1975 : Il participe à la descente qui a coûté la vie au criminel Richard Blass, dans les Laurentides. Le tueur a été atteint de 21 balles.
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