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Compressions

Les pharmaceutiques digèrent mal la pilule

 Nicolas Marceau
Photo STEVENS LEBLANC / AGENCE QMI Nicolas Marceau

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Les pharmaceutiques avalent avec difficulté la réduction de dépenses en médicaments imposées mardi par le gouvernement du Québec, mais certains estiment que l'industrie reçoit ce qu'elle mérite.

Lors du premier budget de Nicolas Marceau, Québec prévoit 336 millions $ d'économies en 2013-14. Il impose des révisions de prix sur les médicaments et la fin de l'exclusivité de 15 ans sur les produits d'origine.

L'association des compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D) a réagi par communiqué, sans accorder d'entrevues.

Ses membres se disent «déconcertés» par la méthode choisie pour faire des changements, qui auraient des «conséquences involontaires».

«Notre industrie doit bénéficier d'une certaine stabilité afin de progresser et de continuer à contribuer à l'économie du Québec et à la santé des Québécois», a déclaré Russell Williams, président de Rx&D.

«Ces conséquences pourraient inclure le ralentissement de l'industrie pharmaceutique du Québec, qui constitue un maillon fort du secteur des sciences de la vie», a précisé Isabelle Robillard, directrice des communications.

Les multinationales reçoivent seulement ce qu'elles méritent, avance Bertrand Bolduc, pharmacien et président du conseil du fabricant Galenova.

«Nous avions des mesures [fiscales] pour encourager la création d'emplois en recherche, mais elles ont plutôt fait des compressions, a-t-il souligné. C'est un peu raide comme message, mais elles ont fermé des centres de recherche et mis à pied des centaines d'employés.»

En effet, le Québec a dépensé 4,36 milliards $ en crédits d'impôt pour la recherche depuis 2006. Le nombre de ces entreprises présentes ici a pourtant reculé de 30 à 24 de 2005 à 2010. L'embauche s'est faite en commercialisation.

Bertrand Bolduc préfère voir le Québec investir dans les pharmaceutiques qui poursuivent le développement ici. Il applaudit donc la hausse de 10 points à 27,5 % du crédit d'impôt remboursable pour les salaires en recherche et développement. Celui-ci monte à 37,5 % pour les PME. La mesure coûte 120 millions $ sur cinq ans.

«Si vous embauchez des gens afin de faire de la recherche, ça va coûtera moins cher, mais si vous embauchez des vendeurs pour réduire le reste, c'est votre problème», a-t-il dit.

M. Bolduc ne croit pas que l'État devrait renouer ses efforts afin de séduire les multinationales. «Elles n'investiront pas parce que le marché canadien n'est pas en croissance, a-t-il ajouté. L'avenir passe par la Russie, la Chine, l'Inde et le Brésil, qui ont des rythmes de croissance de 19 à 25 %. Si vous êtes le président de Pfizer, vous allez où ?»

Rappelons enfin que les pharmaceutiques estiment que leur industrie employait 16 000 personnes et générait 1,2 milliard $ d'activité en 2010.

 

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