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Abri de la Rive-Sud

Un intervenant se dit victime de brutalité policière

Réjean Cormier
Photo Robert Côté / Agence QMI Réjean Cormier

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LONGUEUIL – L’intervenant Réjean Cormier de l’Abri de la Rive-Sud a déposé une plainte au tribunal criminel contre deux policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL). Dans sa requête, l’homme de 61 ans allègue avoir été victime de brutalité policière le 11 novembre dernier.

À la suite de la plainte déposée vendredi par l’intervenant, les organismes communautaires de l’agglomération de Longueuil et de la Montérégie ont tenu lundi une conférence de presse pour exiger publiquement le congédiement immédiat des deux policiers concernés.

Ils réclament également une compensation pour dommages et intérêts à la victime ainsi que la création d’un processus d’enquête «à caractère civil, transparent, impartial et indépendant» chargé d’enquêter dans tous les cas où des interventions policières ont pour conséquence d’infliger des blessures à une personne ou de causer la mort.

Vers 8h15 le 11 novembre, les policiers Alexandre (matricule 30337) et Bryan (matricule 11584) (nom de famille) se sont introduits à l’intérieur de l’organisme communautaire pour personnes sans-abri.

Les agents étaient à la recherche d’un individu qui avait proféré des menaces de suicide. À leur arrivée, ils auraient questionné Réjean Cormier, un intervenant à l’accueil afin de savoir si l’individu était présent. M. Cormier les aurait avisé que l’homme avait quitté les lieux depuis une heure.

L’agent Alexandre aurait alors tenté de s’introduire dans le bureau pour vérifier les dossiers. M. Cormier aurait par la suite mentionné aux policiers qu’ils ne pouvaient pas consulter les fichiers sans mandat, et que les dossiers des personnes hébergées demeuraient confidentiels.

L’agent Alexandre aurait alors projeté l’homme de 61 ans au sol à pleine vitesse en tirant vers le haut le bras gauche de M. Cormier alors qu’il était sur le dos. Dans une situation précaire, M. Cormier aurait crié aux policiers qui lui faisaient mal.

«J’avais mal et j’avais peur, a-t-il raconté durant la conférence de presse lundi. Ils ont continué de tirer sur mon bras jusqu’à ce que je perde connaissance.»

Lorsque M. Cormier a repris conscience, les deux policiers fouillaient les dossiers, selon ses dires.

Réjean Cormier a été transporté dans un centre hospitalier où il a dû subir une intervention chirurgicale d’une durée de plus de deux heures. Deux plaques de métal ont été insérées dans son épaule et son bras. Il a subi une fracture de l’humérus (squelette du bras) et son épaule gauche a été disloquée. Il a été hospitalisé durant trois jours.

«Jamais je n’aurais pensé qu’une chose pareille pouvait m’arriver», a affirmé, en larmes, la victime.

La directrice de la Table régionale d’organismes communautaires de la Montérégie (TROC-M), Johanne Nasstrom, a spécifié que l’organisme l’Abri de la Rive-Sud entretenait généralement de très bons liens de collaboration avec le SPAL, mais qu’un incident de la sorte était inacceptable.

«L’intervenant a agi en accord avec les valeurs et les missions de l’organisme, a-t-elle assuré. Visiblement cet homme n’est pas seulement atteint physiquement, mais aussi psychologiquement.»

Au bureau du SPAL, l’inspecteure-chef Louise Gendron, s’est abstenue de tout propos en liens avec les événements.

«Par mesure de transparence, nous avons demandé à la SQ de se charger de l’enquête», a-t-elle révélé.

Néanmoins, la porte-parole a affirmé que les deux policiers étaient toujours en fonction et qu’ils faisaient toujours partie de la même équipe, malgré la demande de congédiement des organismes communautaires.

Les deux agents concernés ont pour leur part déposé une plainte contre M. Cormier pour entrave au travail des policiers.

 

 

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