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Club 357C

Le rendez-vous des politiciens

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Le 357C, ce club privé du Vieux-Montréal évoqué à la commission Charbonneau est depuis longtemps fréquenté par les politiciens de toutes obédiences, libéraux, péquistes et caquistes confondus.

«J’y suis allée à pas mal de reprises comme je suis allée au Club de la garnison (à Québec) pour des rencontres un peu plus privées», a confié la première ministre Pauline Marois ce matin à l’Assemblée nationale. Mme Marois y a notamment rencontré l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, un groupe de 15 jeunes entrepreneurs qu’elle voulait consulter il y a deux semaines, ainsi que les chefs syndicaux. «J’ai rencontré pas mal de monde», a précisé la première ministre.

Le 357C est cet endroit sélect où l’ex-ministre Line Beauchamp et le grand argentier du Parti libéral Pierre Bibeau ont rencontré l’entrepreneur Paolo Catania en 2005, a rapporté l’enquêteur Éric Roy dans son témoignage entendu par la commission Charbonneau. «C’est un club tout à fait légal où des membres qui ont les moyens de le faire cotisent. Ça permet d’avoir des rencontres où on veut être en privé pour échanger plus solidement sur certaines orientations ou sur certains dossiers. Tout le monde qui serait allé là ne peut pas être accusé d’y être allé pour se faire acheter parce que ça devient inacceptable. Je pense qu’il faut faire la nuance», a souhaité Mme Marois.

Un lapin

Nicolas Marceau s’y est déjà rendu à l’invitation de Michel Leblanc chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. M. Marceau était à l’époque critique de l’opposition officielle en matière de Finances. «Le lunch n’a pas eu lieu parce que M. Leblanc avait eu un empêchement. J’ai pris (une eau pétillante) et je suis reparti chez moi», a dit le ministre des Finances.

Le ministre de la Santé Réjean Hébert est déjà allé lui aussi au 357C en 2006, à l’époque où il était doyen de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. «J’accompagnais le recteur de l’Université de Sherbrooke pour rencontrer M. (Paolo) Catania qui était président de la Fondation de l’hôpital Charles-Lemoyne. C’était pour les liens entre la Fondation de l’hôpital et la campagne (de levée de fonds) Ensemble qui était la campagne majeure de l’Université de Sherbrooke (...) C’était à l’invitation de M. Catania (...) J’étais pas à ce moment-là conscient du rôle que M. Catania a pu avoir dans la collusion et la corruption», a dit M. Hébert. L’entrepreneur n’a pas tenté de l’influencer, a soutenu le ministre avant de préciser qu’à titre de ministre, il ne retournerait pas au club 357C. «Dans mon nouveau rôle j’éviterais ce genre de rencontre», a dit M. Hébert.

La ministre du Travail Agnès Maltais dit avoir accepté un invitation au club 357C peu après son assermentation au ministère du Travail. «Récemment pour rencontrer quelqu’un qui n’était pas un entrepreneur en construction et qui n’est pas dans les affres de la commission Charbonneau et j’ai payé ma facture», a dit Mme Maltais qui n’a pas identifié son hôte.

Libéraux

Par ailleurs, d’anciens ministres libéraux ont eux aussi fréquenté le 357C. «J’ai souvenir d’une rencontre avec le Collège des médecins, j’étais alors ministre de la Justice, c’est un ordre professionnel, je tiens à le préciser. En vertu de la Loi sur le lobbying, ça ne s’applique pas à un ordre professionnel qui parle au ministre de la Justice», a plaidé le chef intérimaire du Parti libéral Jean-Marc Fournier. «Est-ce que d’aller là ou à un autre endroit, parce que la commission Charbonneau en parle, tout à coup c’est rendu un événement ? Moi, je suis allé dans plein d’endroits, plein de restaurants alors je ne sais pas trop pourquoi il faut s’attarder à celui-là. Ce sont des questions sur les personnes (qui sont soulevées à la commission), pas sur le lieu.»

L’ex-ministre des Transports Pierre Moreau est lui aussi du nombre. «C’est une très bonne table, un bon établissement. Je suis allé pour dîner avec des amis qui n’ont rien à voir avec la politique. (...) Les politiciens vont dans plein de restaurants...L’idée n’est pas là, l’idée c’est de savoir de quoi on discute, avec qui on est et pour quelle raison (...) Ce n’est pas parce que les gens vont au restaurant (...) qu’il faut les stigmatiser», a dit M. Moreau.

Pour le ministre responsable de la Métropole Jean-François Lisée, les élus qui acceptent une invitation à un repas, que ce soit au 357C ou ailleurs, doivent payer leur facture.

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