/homepage
Navigation

En rouge et or

Coup d'oeil sur cet article

Je suis passé au moins trois fois devant cette boutique en un an sans jamais y entrer alors que j’en avais une folle envie. J’hésitais. J’y pensais à chaque visite.

Je suis passé au moins trois fois devant cette boutique en un an sans jamais y entrer alors que j’en avais une folle envie. J’hésitais. J’y pensais à chaque visite.

Un jour, mon plus jeune fils m’a demandé : «Dis, papa, pourquoi t’arrêtes-tu toujours devant la vitrine du comptoir Rouge et Or?».

Un samedi d’automne, j’ai conduit à nouveau mon plus jeune au vestiaire de la piscine du PEPS avec son copain, puis j’ai enfin mis les pieds dans la boutique : une caverne d’Ali Baba de trucs, d’objets et de vêtements arborant les couleurs rouge et or.

J’ai acheté quelques articles aux couleurs de Laval, dont deux beaux chandails : l’un rouge, l’autre noir. Je me suis dit que si l’on portait sans retenue des vêtements Gap, Abercrombie ou Notre-Dame, ce n’était pas moins pertinent de s’identifier à notre équipe à nous.

C’est quand même drôle, j’ai fréquenté l’Université Laval comme étudiant de 1978 à 1982. Mais je n’ai jamais ressenti ce désir de la porter sur moi.

Le tourbillon chavirant

Jamais... jusqu’à récemment. Jusqu’à ce match où j’ai été chaviré par le tourbillon de mon premier tailgate.

Ce jour-là, j’ai rencontré l’ADN de l’Université Laval. J’ai ressenti la fibre en or. J’y ai vu des visages illuminés.

Ce public large, bigarré et uni par l’affection et la ferveur du football universitaire, me donnait l’impression d’une grande famille. Une grosse journée de plaisir socioaffectif, un rendez-vous attendu et désiré par chacun des amateurs que j’ai croisés. Une honnête camaraderie contagieuse.

Et j’ai pensé à Jacques Tanguay, assez fou pour lancer le programme football Rouge et Or. Je me suis dit qu’il méritait tout notre respect pour avoir osé et réussi, en moins de 15 ans, à propulser Laval parmi l’élite au Canada.

Beau projet quand même, avouons-le! En 1995, bâtir une infrastructure complète pour jouer moins de sept matchs par saison, sur deux mois seulement, dans une ville francophone alors nullement intéressée par le football universitaire. Personne n’y croyait à l’époque. Euh, presque personne...

La suite fait partie de la petite histoire. La cogestion alliant les forces vives du privé et l’expertise de l’Université fait maintenant école parmi les institutions supérieures canadiennes.

Aujourd’hui, la moyenne de spectateurs aux matchs locaux atteint 15 000 régulièrement, le stade est l’un des plus beaux en extérieur du pays, le club vient de mettre la main pour la septième fois sur la coupe Vanier et la relève football sur le terrain est assurée par un plan complet et rigoureux.

Le programme d’excellence Rouge et Or est basé sur l’envie de réussir. Le succès qui engendre le succès. La compétition qui génère la compétitivité. L’activité physique qui ravit et motive les athlètes à se dépasser. Le dépassement, source de fierté.

Ce modèle a également permis de lancer les camps d’été «mini-Rouge et Or». Depuis, les écoles secondaires et les cégeps ont leurs terrains de football et, surtout, tous cultivent le sentiment d’appartenance à notre Université. Et à notre ville − voire notre région − par ricochet. Ce n’est pas rien.

Selon Jacques Tanguay lui-même, redonner au sport toute sa place dans les écoles améliorerait les performances académiques des jeunes et constituerait un rempart efficace au décrochage scolaire.

Il en est convaincu.

Moi aussi.

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.