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Les mauvais intervenants ?

Des grands-parents craignent les suites du drame de Drummondville

Les mauvais intervenants ?
Photo le journal de Montréal, valérie Gonthier Les toutous et les fleurs continuent de s’accumuler au pied de l’escalier menant au lieu du drame.

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«Les grands-parents ne sont pas des policiers et encore moins des ­intervenants sociaux.»

«Les grands-parents ne sont pas des policiers et encore moins des ­intervenants sociaux.»

Réagissant à la mort de trois enfants, alors que la visite chez leur mère était vraisemblablement supervisée par la grand-mère, le directeur général du Réseau FADOCQ, Danis Prud'homme, s’interroge sur la place qu’il faut accorder aux grands-parents dans les rouages des visites supervisées.

Depuis les tristes événements de Drummondville, ­plusieurs questions demeurent sans réponse.

M. Prud’homme croit qu’il faut désormais trouver un juste milieu. Selon lui, il serait peut-être temps que le gouvernement du Québec revoie les ­mécanismes pour ce type de rencontres.

Prudence

«S’il y avait un danger, pourquoi n’y avait-il pas un intervenant sur les lieux», s’est-il ­questionné. Dans ce contexte, le rôle des grands-parents n’est pas de se substituer à celui de l’État.

Le drame de la fin de semaine dernière doit susciter un questionnement sur les méthodes de supervision existantes, pense Alain Roy, professeur spécialisé en droit de la famille à l’Université de Montréal

«Il va y avoir un dilemme», prévoit-il. Une figure connue et rassurante tel qu’un grand-père ou une grand-mère peut être bien différente de celle d’un travailleur social de la DPJ. Une ­personne inconnue peut créer du stress chez un enfant.

«Les grands-parents sont ­placés entre l’arbre et l’écorce», ajoute-t-il. Selon lui, on leur ­demande d’être objectifs et de jouer un rôle d’arbitre et, en même temps, de montrer un ­visage humain.

M. Prud’homme, quant à lui, ne croit pas que l’image des grands-parents subira des conséquences négatives à long terme.

Un avis que ne partage pas la vice-présidente de l’Association des grands-parents du Québec.

«Les grands-parents vont payer suite à ce drame. Il n’y aura plus de droits», au dire de Marie Avoine.

Même si Mme Avoine ne pense pas que la plupart des grands-parents sont négligents, elle est d’avis que le meurtre des trois enfants à Drummondville ­pourrait avoir un impact légal sur le rôle qu’ils jouent auprès de leurs petits-enfants.

Depuis une quinzaine ­d’années, la place accordée aux grands-parents a déjà changé au niveau du droit familial.

À l’époque du gouvernement de Lucien Bouchard, suite à des pressions, et après une commission parlementaire, le ministre de la Justice d’alors, Paul Bégin, avait accepté de revoir les dispositions visant les pensions ­alimentaires. Depuis 1996, les grands-parents ne sont plus liés à leurs petits-enfants pour des pensions alimentaires. Cette ­décision a eu pour effet de ­limiter aussi leurs possibilités d’obtenir la garde légale des ­enfants.

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