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Les tricheurs

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Le 6 août, en pleine campagne électorale, on pouvait lire sur le site officiel du Parti québécois, cet extrait d’un communiqué : «Nous présentons des mesures concrètes et audacieuses pour mettre fin à la collusion et la corruption afin de redonner confiance à la population en nos institutions (...) Le PQ rétablira l’éthique mettant ainsi un terme au copinage et aux nominations partisanes».

Le 6 août, en pleine campagne électorale, on pouvait lire sur le site officiel du Parti québécois, cet extrait d’un communiqué : «Nous présentons des mesures concrètes et audacieuses pour mettre fin à la collusion et la corruption afin de redonner confiance à la population en nos institutions (...) Le PQ rétablira l’éthique mettant ainsi un terme au copinage et aux nominations partisanes».

L’un des trois signataires de ce document, Nicolas Girard, député du PQ, luttait alors pour sa réélection. Battu au fil d’arrivée par la star Françoise David, il sera nommé trois semaines plus tard à la tête de l’Agence métropolitaine des transports de Montréal, organisme aux prises avec des défis colossaux de fonctionnement.

Girard arrivait donc bardé d’un diplôme en science politique et fort de son militantisme étudiant. Cette nomination faisait ainsi office d’un prix de consolation pour s’être battu devant madame David.

L’Affaire Boisclair

Cette semaine, Jean-François Lisée a dû, à son tour, expliquer une nomination partisane doublée surtout d’une prime cachée à André Boisclair. Ex-chef du parti souverainiste, Boisclair avait résisté à se placer en travers de la route de Pauline Première lors des élucubrations sur son leadership. Un gage de loyauté qui n’a pas tardé à être récompensé. Doublement, d’ailleurs : poste de délégué à New York (+ou- 170 000 $) et titre de sous-ministre (autour de 150 000 $) incluant une permanence à vie.

Et, comble de l’inacceptable, l’ajout de cette deuxième tâche devait passer sous le radar des journalistes, puisqu’on avait « malencontreusement » omis de le mentionner lors de l’annonce première.

Un oubli, s’est excusé le super ministre Lisée, au bout de quelques jours, une fois pris dans une tourmente publique. Or il y a bien eu, avant ce mea culpa peu convaincant, une tentative de diversion. Lisée, réagissant aux tollés, a initialement choisi de passer à l’offensive, et d’accuser Ottawa de faire pire.

Avant de reconnaître son erreur, notre ministre, à court d’arguments, a tenté de noyer le poisson en détournant l’attention vers l’autre Colline. Ce qui me laisse croire que l’humilité momentanée de Lisée ressemble bien plus à une résignation amère.

Double langage

On lui reconnaît bien d’autres traits que la modestie, ce cher Lisée, il avait entre autres poussé l’arrogance jusqu’à s’inviter maladroitement à un déjeuner d’affaires de la CAQ en pleine campagne électorale.

Le 19 mai, en entrevue avec Nathalie Collard, de La Presse, Jean-François Premier, disait : «Je suis en faveur d’une transparence totale». Pensait-il vraiment, en entérinant l’occupation double d’André Boisclair sans aviser le grand public, qu’il s’en tirerait avec des applaudissements?

Notre culture politique est ainsi donc assez difficile à changer.

Le Parti québécois avait pourtant demandé une étude qui révélait 523 nominations partisanes durant le règne de 9 ans du Parti libéral. Les intentions y étaient.

Marois en danger?

La gouvernance exemplaire promise par le PQ s’est plutôt transformée en cauchemar burlesque.

Recul sur la loi 101 dans les cégeps, sur la taxe santé, sur la rétroactivité des lois fiscales, sur la francisation des immigrants, sur les dividendes des riches, sur legains en capital, sur le placement syndical, sur les redevances minières, sur Gentilly-2. Et marche arrière encore dans le dossier Boisclair.

Au fait, vous rappelez-vous du punch musical du Bye Bye 2011? Sur l’air de Party Rock Anthem, on fredonnait «Cette année, on ‘’flushe’’ Pauline».

C’était il y a un an.

Faudrait peut-être garder la chanson au cas où elle redeviendrait d’actualité en 2013...

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