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Lavoie : solide tel un vétéran

Lavoie  : solide tel un vétéran
Photo d’archives Grâce à sa capacité d’apprendre l’attaque de Trestman, Patrick Lavoie en a impressionné plus d’un cette saison.

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Les Alouettes ont pris une excellente décision en prolongeant pour trois autres saisons le contrat de Patrick Lavoie.

Les Alouettes ont pris une excellente décision en prolongeant pour trois autres saisons le contrat de Patrick Lavoie.

Des Québécois, on n’en aura jamais assez dans cette équipe. Il n’est pas ici question d’être chauvin et je comprends très bien qu’il ne faut pas embaucher des joueurs locaux simplement pour le plaisir. Cependant, on ne viendra pas me faire croire que ça n’aide pas la cause et la popularité des Alouettes.

Surtout lorsque ces Québécois, comme Lavoie, occupent un rôle important au sein de l’équipe.

Sans compter que les receveurs de passes canadiens sont une véritable denrée rare à Montréal. Si Greenpeace ou la WWF se mettaient sur ce cas, ils constateraient rapidement que c’est une espèce en voie d’extinction.

Je suis conscient qu’il s’agit d’une question de philosophie et de ratio, mais il est très clair que Marc Trestman a le béguin pour les receveurs américains.

Fait intéressant qui vient appuyer ce fait, les 33 passes captées de Lavoie constituent le plus haut total de réceptions pour une recrue depuis l’arrivée de Ben Cahoon en 1998. Celui qui allait devenir l’un des favoris de la foule avait également réalisé 33 réceptions.

Il n’est pas question ici de comparer Lavoie à Cahoon et, du même coup, créer une pression supplémentaire sur les épaules du Québécois. Tout ce que je dis, c’est que Cahoon fut le dernier grand receveur canadien des Alouettes.

Depuis la retraite de celui-ci, Lavoie, avec ses 33 réceptions et ses quatre ­touchés, a été plus occupé qu’Éric ­Deslauriers et Danny Desriveaux. ­Depuis le départ de Cahoon, ils ont ­combiné 21 réceptions et deux touchés.

VÉRITABLE ÉPONGE

Que l’ancien du Rouge et or soit parvenu à compiler des statistiques aussi intéressantes à sa première année relève pratiquement de l’exploit compte tenu du système offensif complexe de Trestman. Disons que la masse d’informations à gérer et assimiler est assez lourde.

Contrairement à la réaction habituelle d’un joueur recrue, Lavoie ne semble pas trouver que ça va vite. Pourtant, avec tout ce que l’on exige de lui, il serait compréhensible qu’il en perde quelques bouts.

Plus ça va, plus le football entre dans une ère de spécialisation. On demande à chaque joueur d’occuper une position bien établie et de s’acquitter d’une tâche bien précise. Dans le cas de Lavoie, on a plutôt voulu récompenser sa polyvalence.

Non seulement on lui demande de connaître les nombreux concepts de tracés de passe du poste de receveur, mais on exige également de lui qu’il soit au courant de la stratégie de ­protection et blocage qui incombe au centre arrière.

Pour être en mesure d’absorber un nombre aussi faramineux d’informations, il faut être doté d’une intelligence au-dessus de la moyenne. Son cerveau est une véritable éponge.

Avec les temps qu’il doit passer à la fois avec les porteurs de ballon, les receveurs et les joueurs de ligne à l’attaque, ­Lavoie doit être un gars très sociable. Blague à part, j’ignore comment il fait pour être capable de passer d’un groupe à l’autre. C’est clair qu’avec tout ce temps investi et toute cette information à recueillir et assimiler, il ne doit pas chômer lors des réunions.

ESPACES RESTREINTS

Lavoie a également été en mesure d’assimiler la différence entre le calibre universitaire et professionnel. Avec le Rouge et Or, il n’était pas assuré de se retrouver face à un adversaire de qualité à chaque rencontre. Chez les Alouettes, il ­affronte des hommes toutes les semaines.

La différence est frappante. Un porteur de ballon collégial bénéficie d’un corridor de la largeur d’une autoroute. Au niveau professionnel, ce corridor a plutôt la dimension d’un sentier.

La différence est également flagrante pour les receveurs de passe qui voient leur fenêtre de démarcation passer d’une baie vitrée de salon à la fenêtre d’une salle de bain.

Depuis la retraite de Cahoon, Lavoie a été plus occupé que Deslauriers et Desriveaux
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