/news/currentevents
Navigation
compteurs | vermont

Le retrait est gratuit

Les clients de cet État n’ont pas à payer pour garder leur vieux compteur

Coup d'oeil sur cet article

Photo le journal de montréal, héloïse archambault
Résidente de Burlington, Lea Terhuna s’est aperçue que son compteur avait été changé quelques heures avant le passage du Journal, et ce, même si elle avait signifié qu’elle ne voulait pas de la nouvelle technologie.

Alors d’Hydro-Québec s’apprête à faire payer 17 $ par mois aux clients qui ne veulent pas de compteur intelligent, les résidents du Vermont ont l’option de le refuser sans devoir payer un sou.

«C’est une énorme victoire», lance Martine Victor, qui vit à Manchester.

«Maintenant au moins, nous avons un vrai choix. Et nous allons nous en prévaloir», ajoute Linda Chagnon, une résidente de Burlington.

En mai dernier, les opposants au compteur intelligent du Vermont ont remporté une bataille importante, alors que le gouvernement a entériné une loi qui permet aux citoyens de le refuser sans devoir payer une surtaxe mensuelle.

Fini le paiement

Ainsi, le Vermont est devenu le seul État américain à permettre cette option gratuite à ses citoyens. Avant, ils devaient payer 10 $ par mois pour le retrait.

À l’heure où Hydro s’apprête à déployer 3,7 millions de compteurs intelligents, la question du coût du retrait est au cœur des discussions (voir autre texte). Un des arguments-clés des résidents du Vermont dans cette lutte est le suivant : «Pourquoi je devrais payer pour quelque chose dont je ne veux pas?» résume Cynthia Browning, une élue de la Chambre des représentants du Vermont qui a lutté pour le retrait gratuit.

«Ce n’est pas correct de forcer les gens à payer. Quand tu dois payer 10 $ ou 17 $ par mois, ce n’est pas vrai que tu as un choix!», insiste-t-elle.

Contrairement au Québec, le Vermont compte plusieurs compagnies d’électricité. D’ici au printemps 2013, l’entreprise Green Mountain Power (GMP), qui détient 72 % des parts du marché, aura complété l’installation de 250 000 compteurs intelligents.

«Les compteurs apportent des bénéfices importants pour notre clientèle, notamment pour identifier les failles dans le système avant une panne de courant», indique Dorothy Schnure, porte-parole de GMP. Elle ajoute aussi que cette technologie a été utile après la tempête Sandy.

Peu de retraits

Jusqu’ici, seulement 8600 clients (3,4 %) se sont prévalus de l’option de retrait gratuit. Très impliquée dans la lutte aux compteurs intelligents, Linda Chagnon croit que le manque d’information explique ce bas pourcentage de retraits.

«Nous devons éduquer les gens. Autrement, ils reçoivent le discours de vente de la compagnie qui leur dit simplement qu’ils vont sauver de l’argent, explique-t-elle. La preuve, c’est que plus on en parle, et plus les gens posent des questions.»

«Les gens sont très occupés, ils ne portent pas attention à ça, croit aussi Matt Levin, de l’organisme Vermonters for a clean environment. Mais, plus les problèmes vont arriver, comme les failles dans le système, et plus les gens vont se retirer.»

La surveillance

D’ailleurs, en plus des enjeux liés à la santé et les coûts, la question de la sécurité est au cœur des débats.

«Le compteur est carrément un dispositif de surveillance!, souligne Linda Chagnon.

Au moment de la visite du Journal, une résidente de Burlington a eu la mauvaise surprise de constater que son vieux compteur avait été changé, contre son gré.

«Voilà le meilleur exemple!, lance Lea Terhuna. Ils sont venus chez moi sans m’avertir, ils ont marché sur mon terrain et sont entrés dans ma véranda. C’est de l’intrusion dans ma vie privée!»

Commentaires