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L’ère de glace

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Gary Bettman n’est pas un amateur de hockey. Un fan sait ça.

Gary Bettman n’est pas un amateur de hockey. Un fan sait ça.

Le boss du plus grand circuit de hockey sur glace est un homme d’affaires, un négociateur et un avocat redoutable. Mais il n’aime pas le hockey.

En 2005, au sortir du lock-out, Bettman disait, avec son «insincérité» légendaire : «On regrette profondément d’avoir fait souffrir nos fans, nos commanditaires et les gens dont le hockey est le gagne-pain. Si vous voulez savoir comment je me sens réellement, cela se résume à un mot : horrifié. J’aurais vraiment aimé éviter tout cela.»

Je crois pourtant que le lock-out de 2004 a été bénéfique. Il a permis de relancer le hockey sur la vitesse, la rivalité et la parité. Un jeu franchement amélioré. Le plafond salarial mis en place constituait alors aussi une belle avancée.

Aujourd’hui, huit ans plus tard, rien de cela sur la table de négos.

Que la misère des riches

Un conflit de millionnaires qui se disent pas assez millionnaires.

Nous aimons probablement notre sport national plus que les joueurs et les propriétaires. Voilà le vrai problème. Des dépendants affectifs du hockey, esclaves d’une passion démesurée.

Le conflit actuel n’a qu’un seul thème : l’argent. Les revenus, le partage des profits, les fonds de pension et la durée des contrats essentiellement.

Et, vous savez quoi? Si la Ligue et les joueurs s’arrachent leurs chemises actuellement, c’est à cause de nous, les fans, à cause de notre habitude de remplir les gradins, d’acheter des produits dérivés et d’écouter les matchs en plus grand nombre à la télé.

La «nouvelle Ligue nationale» a tellement donné de résultats que les revenus atteignent 3,3 milliards.

C’est donc notre amour immodéré du hockey qui se monnaye et stimule la convoitise des deux parties en litige.

Cette constatation est surtout vraie pour le marché canadien. Je ne suis pas convaincu que les marchés de nos voisins du Sud vont se relever aussi aisément d’un troisième conflit en 20 ans.

Gary Bettman a fait le pari d’implanter le hockey sur glace partout où le marché commercial potentiel était attrayant, sans égard aux racines et à la culture sportive de la place. Son entêtement dans le dossier des Coyotes de Phœnix en est un très bon exemple.

Le temps est alors peut-être venu d’innover. De sortir de notre zone de confort et de faire éclater notre imagination.

À la canadienne

Je me suis surpris cette semaine à relancer l’idée d’une ligue professionnelle de hockey canadienne.

Surtout qu’aujourd’hui, en 2012, avec sept clubs de la LNH existant au Canada, tous rentables, et l’addition, par exemple, de Markham, de Québec et d’une équipe dans les Maritimes, il est réaliste de penser qu’une pseudo-LNH canadienne pourrait vivre très bien dans des marchés où les amateurs de hockey sont «tombés dedans» à la naissance!

Vous vous rappelez ces bannières imbriquées dans la glace, dans toutes les villes, au sortir du lock-out en 2005 : «Thank you fans!»?

À voir la Ligue se ficher de nous ces jours-ci, je ne serais pas surpris d’entrer prochainement dans un aréna, à la sortie du lock-out, et de voir plutôt inscrit dans la glace : «F... you, fans!».

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