/sports/ski
Navigation
Myriam Leclerc

Le rêve n’a pas de prix

Le rêve n’a pas de prix
photo courtoisie Myriam Leclerc, l’une des 10 meilleures Canadiennes en ski acrobatique.

Coup d'oeil sur cet article

On dit que talent et détermination sont essentiels pour tout athlète qui vise le sommet; une vérité de La Palice. Mais quand il est question d’un athlète étudiant amateur, talent et détermination ne suffisent pas. Il faut davantage. Myriam Leclerc, membre de l’équipe nationale de ski acrobatique, en sait quelque chose.

Classée dans le top 10 canadien, son talent ne fait aucun doute. Et quant à sa détermination, il suffit de voir tout le temps qu’elle consacre au ski pour s’en convaincre. Impressionnant, d’autant plus que l’athlète de Beaconsfield, petite municipalité dans la région de Montréal, réussit à étudier à plein temps malgré son agenda extrêmement chargé. Et c’est ­justement en raison de cet agenda qu’un autre obstacle se dresse devant Myriam. La skieuse doit trouver chaque année 35 000 $. C’est ce que lui coûte une saison de ski. Oui, une seule saison!

On s’en doute bien, ce sont les voyages qui font grimper la facture. «Cette année, indique notre quatrième candidate au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC, j’aurai des camps d’entraînement à Whistler et Apex en Colombie-Britannique, à Zermatt en Suisse et à Ushuaia en Argentine. S’ajouteront ensuite des compétitions à Calgary (4 jours), au Colorado (4 jours), en Italie (6 jours), au Vermont (6 jours), en Colombie-Britannique (4 jours) et à Val Saint-Côme (6 jours)».

BEAUCOUP DE SOUS

«Chaque voyage en Amérique du Nord me coûte entre 1 000 $ et 2 000 $. Les autres voyages, environ 3 000 $, et parfois même, 5 000 $, comme dans le cas de Ushuaia en Argentine. C’est à cause de ça d’ailleurs que je n’y suis pas allée l’an dernier. Mais cette année, je compte bien m’y rendre», assure la jeune fille.

En plus de ces frais de voyages, il faut aussi mettre sur l’ardoise les frais d’équipement : une paire de skis par année (1100 $), une paire de bottes à tous les deux ans (500 $), deux paires de lunettes avec lentilles interchangeables (soleil, brouillard, nuage pénombre), bâtons et vêtements.

Et la note ne serait pas complète sans les frais d’inscription aux compétitions, les repas, les hôtels et «au moins 100 $ d’essence par semaine l’essence», ­rapporte Myriam.

Alors oui, il faut du talent et de la détermination, mais il faut aussi des sous; beaucoup de sous. Et le défi est de taille pour ­Myriam. Étant recrue au sein de l’équipe nationale, la championne skieuse n’a pas droit aux brevets de Sport Canada, ce qui représenterait quelques milliers de dollars. Elle doit compter uniquement sur l’appui de commanditaires, sur l’obtention de quelques bourses d’études comme celles du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC, mais surtout, sur l’appui de ses parents qui défraient plus de la moitié de la note. « Heureusement, mes parents sont toujours là pour me supporter et m’encourager. Sans eux, ce serait impossible », affirme la jeune femme.

Certes, de gros sacrifices pour maman et papa, mais ils ne le font pas en vain. Myriam le leur remet à sa façon. Tout d’abord, par ses résultats académiques : l’étudiante en sciences de la santé au collège André-Laurendeau conserve une excellente moyenne de 87%. Elle entamera sous peu des études universitaires en physiothérapie.

RÊVE OLYMPIQUE

Ensuite, par ses résultats sportifs: au niveau national, Myriam se classe ­régulièrement parmi les dix meilleures skieuses tandis qu’au niveau international, lors des saisons 2011 et 2012, l’athlète a terminé la majorité de ses compétitions dans les 20 premières. Considérant son jeune âge, 19 ans, il est permis de croire qu’elle améliorera considérablement ses résultats autant au national qu’à l’international et que son rêve d’être aux ­Olympiques de Sotchi a de fortes chances de se réaliser. Il est aussi permis de croire que ses parents auront grand plaisir à la soutenir encore plusieurs années.

Commentaires